« Notre chauffeur voulait nous vendre en Libye… On a passé cinq jours à attendre dans le désert pendant qu’il négociait notre prix. Puis il s’est enfui quand les douaniers nous ont découverts. »
L’histoire de Mo n’est pas unique en son genre. Depuis quelques mois, les migrants qui veulent traverser le désert sont obligés de prendre de plus en plus de risques et de faire confiance à des malfrats sans scrupule. Malgré tout, ils continuent de tenter la traversée : mieux vaut mourir en essayant que rentrer les mains vides.
« Imagine que chaque matin, au réveil, ta mère et tes sœurs n’ont rien à manger. Jour après jour. Tous les jours. S’il y avait eu du travail pour moi, je serais resté. Il n’y en avait pas, et c’est pour ça que je suis parti. Je ne peux pas rentrer : tout l’argent que ma famille possédait a été investi dans ce voyage. »
Le moment où tout a basculé : l’été 2016. C’est là qu’est entré en vigueur l'accord négocié par l’Union Européenne avec le Niger. Le deal : la fermeture de la route officielle à travers le désert contre un milliard d’euros.
À Agadez, Médecins du Monde est l'unique organisation qui travaille dans les guettos où les migrants attendent de pouvoir tenter leur traversée du Sahara.
En vérité, il s’agit de prison à ciel ouvert : les migrants n’en bougent pas de peur d’être arrêtés, et les températures peuvent y grimper jusqu’à 45 degrés.
Nos équipes s’y rendre chaque jour pour apporter des soins médicaux et psychologiques aux migrants. Les plus malades sont accompagnés vers les centres de santé que nous soutenons.
Credits:
Kristof Vadino / Médecins du Monde