Développer le pouvoir d’agir des jeunes
Deux journées pour accompagner les animateurs jeunesse des centres sociaux bretons sur leurs pratiques et leurs postures pour une jeunesse émancipée et autonome
Dès le début de ce séminaire, il fallait briser les tabous, éviter la langue de bois, mettre les pieds dans le plat : nous défendons une animation jeunesse positionnée en faveur de l'engagement et du développement du pouvoir d'agir des jeunes. Nous voulons penser le métier d'anim' de manière politique et nous ne nous satisfaisons pas d'occuper les jeunes sur leur temps libre, nous voulons les accompagner vers la citoyenneté.
Afin de définir notre métier, lui donner de la consistance, nous avons dû nous accorder sur notre vision des jeunes et la confronter aux différentes représentations de "la jeunesse", changeantes selon qu'on est un·e professionnel·le, une institution, un partenaire, un média ou un·e jeune soi-même.
Ce premier temps de séminaire a permis de se rappeler qui était présent, quels sont nos partis-pris sur l'animation jeunesse et de préparer les ateliers de l'après-midi...
Ateliers Egalité & Transversalité
Si nous parlons d'égalité c'est bien parce qu'en tant qu'anim nous devons nous positionner constamment vis-à-vis d'inégalités subies par les jeunesses. Avant de juger et agir, nous devions comprendre : en quoi cette catégorie de "jeunes" est pertinente, en quoi est-elle homogène (par l'âge, les représentations) et en quoi est-elle hétérogène ? Quels systèmes de domination viennent éventuellement renforcer certaines représentations qu'on se fait "des jeunes" ?
Cet atelier fut donc consacré à se rappeler que tout le monde n'a pas les mêmes intérêts et qu'accompagner les jeunes dans notre société c'est autrement plus engageant qu'une activité paintball toutes les deux semaines : c'est une attention aux positions sociales de chacun·e afin de pouvoir nommer les freins, dénoncer les injustices et réclamer une égalité concrète. Du moins, c'est une exigence qui ressort de l'atelier pour celles et ceux qui souhaitent que le métier d'anim (re)devienne politique et pas seulement occupationnel.
Participation des jeunes, DPA, éducation populaire
Les terminologies ne manquent pas pour parler d'animation à visée émancipatrice : DPA, éducation populaire politique, organisation communautaire.
A travers des récits d'expérience et des exemples concrets, Mélanie Rousset nous a illustrés différentes manières d'accompagner les jeunes vers plus de pouvoir et d'autonomie. Chaque fois, un dénominateur commun : la prise de conscience par le groupe des personnes concernées de leurs "chaînes" (obstacles, freins, dominations) et l'autorisation par l'organisation collective à agir par soi-même et pour soi-même. Parfois c'est contextuel et le groupe n'existe que le temps nécessaire à gagner en pouvoir d'agir. Parfois ça dure, ça passe le relais, ça monte en généralité. Chaque situation est singulière et dépend en premier lieu des personnes à son cœur : il faut apprendre à les écouter sans orienter, sans déformer, sans transposer ses représentations, suppositions ou expériences passées.
Voici quelques réflexions émanant du second temps de l'après-midi durant lequel 3 groupes se sont constitués :
- La tension entre "anim' politique" et "anim' loisir" semble fertile : envie de travailler sur la posture et la déontologie, de définir le bagage (éthique, méthodes, outils) de l'anim politique et de penser le cadre de sa pratique professionnelle. Envie d'explorer cette ligne de crête ou l'anim' politique, sans devenir partisan, accompagnerait les jeunes à la prise de parole de politique.
- La question de la posture revient dans sa dimension la plus quotidienne et dans une visée d'inclusion. Envie de se former à la relation aux jeunes, en tant qu'individu et en tant que centre social : peut-être des ponts à faire entre transversalité dans le centre social et pluralité de casquettes des anim' jeunesse ? Rencontres régulières, analyse et échange de pratiques et création d'outils communs au programme !
- A la question "quelle est la place des jeunes ?", nous répondons "quelle place veulent-ils ?". Nous voulons nous outiller et nous entraîner à accompagner ses réflexions chez les jeunes et à nous faire porte-voix, sans déformer ni laisser leur parole lettres mortes.
Les enregistrements de la web radio seront bientôt disponibles
Pour plus d’informations, contactez Muriel Delanoue, notre Déléguée Fédérale en charge de l’Ille-et-Vilaine, de la jeunesse et des mobilités européennes.