Séminaire jeunesse 23 & 24 novembre 2023 - Auberge de la Maison neuve, Chauvigné(35)

Développer le pouvoir d’agir des jeunes

Deux journées pour accompagner les animateurs jeunesse des centres sociaux bretons sur leurs pratiques et leurs postures pour une jeunesse émancipée et autonome

Les animateurs en plénière sur le thème : "Les représentations des jeunes"

Animée par Mélanie Rousset, Déléguée régionale adjointe Auvergne Rhône Alpes des Centres Sociaux (AURACS)

Dès le début de ce séminaire, il fallait briser les tabous, éviter la langue de bois, mettre les pieds dans le plat : nous défendons une animation jeunesse positionnée en faveur de l'engagement et du développement du pouvoir d'agir des jeunes. Nous voulons penser le métier d'anim' de manière politique et nous ne nous satisfaisons pas d'occuper les jeunes sur leur temps libre, nous voulons les accompagner vers la citoyenneté.

Afin de définir notre métier, lui donner de la consistance, nous avons dû nous accorder sur notre vision des jeunes et la confronter aux différentes représentations de "la jeunesse", changeantes selon qu'on est un·e professionnel·le, une institution, un partenaire, un média ou un·e jeune soi-même.

Ce premier temps de séminaire a permis de se rappeler qui était présent, quels sont nos partis-pris sur l'animation jeunesse et de préparer les ateliers de l'après-midi...

Ateliers Egalité & Transversalité

Si nous parlons d'égalité c'est bien parce qu'en tant qu'anim nous devons nous positionner constamment vis-à-vis d'inégalités subies par les jeunesses. Avant de juger et agir, nous devions comprendre : en quoi cette catégorie de "jeunes" est pertinente, en quoi est-elle homogène (par l'âge, les représentations) et en quoi est-elle hétérogène ? Quels systèmes de domination viennent éventuellement renforcer certaines représentations qu'on se fait "des jeunes" ?

Cet atelier fut donc consacré à se rappeler que tout le monde n'a pas les mêmes intérêts et qu'accompagner les jeunes dans notre société c'est autrement plus engageant qu'une activité paintball toutes les deux semaines : c'est une attention aux positions sociales de chacun·e afin de pouvoir nommer les freins, dénoncer les injustices et réclamer une égalité concrète. Du moins, c'est une exigence qui ressort de l'atelier pour celles et ceux qui souhaitent que le métier d'anim (re)devienne politique et pas seulement occupationnel.

L'atelier sur la transversalité

a permis de faire un état des lieux des pratiques, d'en préciser le sens et l'intérêt de cette transversalité et partager les initiatives et actions déjà portées et menées au sein du réseau régional

Participation des jeunes, DPA, éducation populaire

Les terminologies ne manquent pas pour parler d'animation à visée émancipatrice : DPA, éducation populaire politique, organisation communautaire.

A travers des récits d'expérience et des exemples concrets, Mélanie Rousset nous a illustrés différentes manières d'accompagner les jeunes vers plus de pouvoir et d'autonomie. Chaque fois, un dénominateur commun : la prise de conscience par le groupe des personnes concernées de leurs "chaînes" (obstacles, freins, dominations) et l'autorisation par l'organisation collective à agir par soi-même et pour soi-même. Parfois c'est contextuel et le groupe n'existe que le temps nécessaire à gagner en pouvoir d'agir. Parfois ça dure, ça passe le relais, ça monte en généralité. Chaque situation est singulière et dépend en premier lieu des personnes à son cœur : il faut apprendre à les écouter sans orienter, sans déformer, sans transposer ses représentations, suppositions ou expériences passées.

En direct de la webradio

Tout au long de ces deux jours, nous avons pu exprimer avec la Web-radio ce que la notion de formation-action nous évoquait.

Où en sont les jeunes dans nos structures ?
Une formation action, ça vous parle ?
On est parfois sollicité à la fin d'un projet politique pour avoir quelques jeunes sur la photo.

Et maintenant, on en fait quoi de tout ça ? Réflexion collective autour des actions à mettre en place à la suite du séminaire.

Beaux et studieux ces animateurs jeunesse !

Voici quelques réflexions émanant du second temps de l'après-midi durant lequel 3 groupes se sont constitués :

  1. La tension entre "anim' politique" et "anim' loisir" semble fertile : envie de travailler sur la posture et la déontologie, de définir le bagage (éthique, méthodes, outils) de l'anim politique et de penser le cadre de sa pratique professionnelle. Envie d'explorer cette ligne de crête ou l'anim' politique, sans devenir partisan, accompagnerait les jeunes à la prise de parole de politique.
  2. La question de la posture revient dans sa dimension la plus quotidienne et dans une visée d'inclusion. Envie de se former à la relation aux jeunes, en tant qu'individu et en tant que centre social : peut-être des ponts à faire entre transversalité dans le centre social et pluralité de casquettes des anim' jeunesse ? Rencontres régulières, analyse et échange de pratiques et création d'outils communs au programme !
  3. A la question "quelle est la place des jeunes ?", nous répondons "quelle place veulent-ils ?". Nous voulons nous outiller et nous entraîner à accompagner ses réflexions chez les jeunes et à nous faire porte-voix, sans déformer ni laisser leur parole lettres mortes.

Les enregistrements de la web radio seront bientôt disponibles

Pour plus d’informations, contactez Muriel Delanoue, notre Déléguée Fédérale en charge de l’Ille-et-Vilaine, de la jeunesse et des mobilités européennes.

Contact : Muriel Delanoue

3 rue de la Volga - 35200 Rennes

02 99 41 78 58