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D’un bazar à Vahdat aux salles de conférence d’Asie centrale

Dépêche des stagiaires

Nilofar Paiwand Ali fait partie de la cohorte 2025-2026 de jeunes stagiaires internationaux de la Fondation Aga Khan Canada.

Journée de démonstration « Unicorner » organisée par Accelerate Prosperity au Kirghizistan.

Mon premier souvenir de l’entrepreneuriat est la boutique de mon père dans un bazar ouvert à Vahdat, au Tadjikistan.

J’avais peut-être huit ans, je le regardais négocier avec des fournisseurs, organiser des expositions et construire des choses à partir de rien dans une économie postsoviétique appauvrie. À l’époque, je n’avais pas le vocabulaire pour décrire ce qu’il faisait. Mais aujourd’hui, je l’ai.

En juin 2025, j’ai obtenu un diplôme en gestion des affaires de l’Université Toronto Metropolitan (TMU), avec une spécialisation en études de gestion mondiale. Je suis la première de ma famille à obtenir un diplôme universitaire.

Je suis née au Pakistan, j’ai grandi en Afghanistan et au Tadjikistan, et j’ai passé mes années universitaires à organiser des ateliers d’affaires et des concours de cas pour plus de 4 000 étudiants de la société étudiante de la TMU.

Je n’aurais jamais imaginé que cette expérience me conduirait, un mois plus tard, à Bichkek, en République kirghize, en tant que stagiaire en entrepreneuriat numérique, innovant et inclusif chez Accélérer la prospérité (AP).

AP est une initiative du Réseau Aga Khan de développement et l’un des principaux accélérateurs d’entreprises d’Asie centrale et du Sud. L’initiative offre des programmes d’investissement catalytique et d’assistance technique, tels que l’incubation, l’accélération et les hackathons.

Ma connaissance professionnelle de l’écosystème des entreprises en démarrage d’Asie centrale était limitée, bien que ma connaissance personnelle de la région était très bonne. J’avais très hâte de voir comment la région s’était développée économiquement.

Comme je parle afghan et dari, j’ai eu la chance d’organiser un atelier de marketing virtuel pour les entrepreneurs afghans par l’intermédiaire d’AP Afghanistan, ce qui a été l’une des expériences les plus significatives de mon stage. Le dialogue direct avec les participants a souligné à quel point l’assistance technique fondée sur les compétences est essentielle pour les micro, petites et moyennes entreprises, même pour celles qui opèrent depuis plus de vingt ans, car elles doivent continuellement s’adapter à l’évolution des marchés mondiaux. Au-delà du travail lui-même, l’expérience m’a donné l’occasion de renouer avec mon héritage et d’acquérir une compréhension plus profonde de ce que des organisations comme AP font pour soutenir les entrepreneurs en Asie centrale et occidentale, et des promesses de l’entrepreneuriat pour les habitants de la région.

Mesurer l’écosystème

En octobre 2025, je me suis rendue à Astana, au Kazakhstan, pour le Digital Bridge Forum, l’une des plus grandes conférences technologiques d’Asie centrale et un catalyseur clé pour l’écosystème de jeunes entreprises en pleine croissance dans la région. J’étais là pour soutenir le Demo Day pour le programme d’accélération SlingShot d’AP, soutenu par l’initiative de développement vert inclusif en Asie centrale du Royaume-Uni, cofinancée par le gouvernement britannique et la Fondation Aga Khan.

Les Demo Days sont l’occasion pour les fondateurs d’entreprises en démarrage de tenter d’intéresser des panels de capital-risque, des investisseurs providentiels et des acteurs de l’écosystème mondial. J’étais placée au kiosque d’AP, ce qui m’a donné l’occasion d’échanger avec toutes sortes de personnes, dont des étudiants fondateurs kazakhs, des créateurs d’entreprises en démarrage et des organismes gouvernementaux. Nous avons discuté du travail régional d’AP et de la place de l’Asie centrale dans le paysage mondial de l’innovation.

Les conversations ont été stimulantes, et elles ont révélé le pourcentage disproportionné de financement qui est attribué au développement des entreprises en démarrage. Les chiffres en disent long : 57 % du financement mondial du capital-risque est acheminé vers les États-Unis, tandis que l’ensemble de l’Asie, à l’exception de la Chine, ne reçoit que 11 %. Les fondateurs d’entreprises en démarrage en Asie centrale élaborent des solutions de classe mondiale dans un cadre structurel qui leur est très défavorable. Des événements comme Digital Bridge et des organisations comme AP s’efforcent de combler cet écart et de créer des liens avec le marché, en vue d’aider les entrepreneurs locaux à atteindre des publics régionaux et internationaux qui, autrement, ne les trouveraient jamais.

Journée de démonstration du Programme d’incubation InnStartup à la Semaine de l’innovation en octobre 2025, Tachkent, Ouzbékistan.

La raison d’être de l’entrepreneuriat

Le dernier jour de Digital Bridge, j’ai parlé avec un entrepreneur tadjik, Jahongir, qui a fondé Navbat, une société de portefeuille AP et une plateforme de services reliant les utilisateurs à des entreprises et des spécialistes en médecine et en santé. Navbat est née de l’expérience de Jahongir lorsque sa fille est tombée malade et que la famille n’a pas pu trouver de médecin spécialiste au Tadjikistan.

Des personnes comme Jahongir ont pris les choses en main pour construire un service à fort impact social. En l’écoutant parler à un public d’investisseurs étrangers, j’ai compris le but central de l'entrepreneuriat – créer quelque chose de nouveau là où il n’y avait rien. Dans des régions comme l’Asie centrale et l’Afghanistan, il s’agit également de résilience, de dignité et d’espoir.

Avec des collègues et des amis lors de divers événements organisés par l'AP.

Mon stage a été extrêmement enrichissant sur les plans professionnel et personnel.

Je rentre au Canada avec une compréhension plus riche de mes propres racines, un respect plus profond pour ce que signifie l’éducation accessible et les opportunités économiques, et un sens clair du travail que je veux faire. J’ai hâte de transmettre ces leçons dans mes études sur les microentreprises et le développement mondial à l’Université du Sussex – et de continuer à trouver, dans le cadre de mon travail, des rappels de la boutique de mon père dans ce bazar à Vahdat.

Ala-Archa, un parc national de la République kirghize.

Nilofar fait partie des quelques 600 jeunes Canadiennes et Canadiens qui on participé au programme de stages pour jeunes en développement international de la Fondation.

Photos prises par Digital Bridge, Rich Townsend et Nilofar.