Parlons plastique Profil de Patrice, au Kenya

La pollution plastique est un enjeu mondial pressant, qui a une incidence sur les habitats et la biodiversité, qui réduit la capacité de notre planète à s’adapter aux changements climatiques et qui affecte directement la santé, le bien-être et les moyens de subsistance de millions de personnes à l’échelle mondiale.

Le plastique émet des gaz à effet de serre tout au long de son cycle de vie. De plus, la production de plastique dépasse de plus en plus rapidement notre capacité de gérer les déchets générés. Selon les Nations unies, plus de 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde. La moitié de cette quantité est constituée d’objets à usage unique, conçus pour être jetés après une seule utilisation. Et moins de 10 % de ce plastique est recyclé.

La pollution plastique est le thème de la Journée mondiale de l’environnement 2023, et, cette année, cette journée célèbre son 50e anniversaire. Si rien n’est fait, la quantité de déchets plastiques déversés dans les écosystèmes aquatiques aura presque triplé d’ici 2040 , et l’exposition à une pollution atmosphérique dépassant les normes de sécurité, qui comprend les microplastiques et la combustion des plastiques, augmentera de 50 % au cours de la décennie.

Le passage à une économie circulaire – réduction, réutilisation et régénération – est l’une des façons de réduire la quantité de pollution plastique qui pénètre dans nos écosystèmes.

C’est ce que fait Patrice au Kenya.

Patrice possède une entreprise appelée Patvention, qui collecte les déchets dans le centre du Kenya et recycle le plastique et les écorces de riz pour en faire des ruches écologiques. Patvention travaille avec les agriculteurs de la communauté pour les aider à comprendre l’importance des abeilles et l’intérêt d’utiliser des matériaux recyclés pour construire des ruches.

Mais comme beaucoup de femmes entrepreneures, Patrice n’a pas reçu le soutien dont elle avait besoin pour développer son entreprise dans un secteur dominé par les hommes.

Avec le soutien du Canada, Patrice est entrée en contact avec une organisation locale – Ongoza – qui l’a aidée à cerner les défis de son entreprise et lui a fourni un soutien adapté et flexible. En tant que mère d’un jeune enfant, Patrice n’était pas en mesure de se rendre aux séances de formation. Ongoza lui a donc rendu visite.

Grâce au programme, Patrice a élaboré un dossier de présentation, un modèle financier et une stratégie de marketing, et a pu nouer des liens avec d’autres institutions. Patrice a également pu développer son entreprise, en embauchant 13 nouveaux employés et en innovant avec de nouvelles machines, comme une récolteuse de venin d’abeille.

« Avant, je n’avais pas assez de connaissances sur la gestion d’une entreprise et la comptabilité. [Ce programme m’a aidée à comprendre mon entreprise et à faire des bénéfices, mais aussi à la gérer de manière à protéger l’environnement. » – Patrice

Theodore, qui travaille à Ongoza et a collaboré étroitement avec Patrice, décrit Patvention comme une entreprise qui a du cœur. « Elle fournit un logement à [ses employés]. En basse saison, lorsque les besoins en ruches sont limités, elle leur donne la possibilité d’occuper d’autres emplois et a ouvert un salon de coiffure et une petite boutique qui permet à ses employés de gagner plus d’argent... Peu de gens feraient cela. »

Patrice est l’une des 180 femmes entrepreneures soutenues par le Programme de soutien aux entrepreneures du climat (AWCE) de la Fondation Aga Khan, qui vise à réduire la pauvreté en soutenant les femmes entrepreneures dans les activités liées au climat.