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Sauv'TER

chronique du bat sauv 1 | 2026 n°3

Cdt bat sauv 1, lt col Olivier Luyet

Cérémonie de remise du drapeau et passation du commandement

Militaires du bataillon de sauvetage 1,   Aujourd'hui, je m'adresse à vous pour la dernière fois. Je me suis toujours appliqué à faire court, mais je ne garantis pas que cette fois ça soit le cas.   Cette cérémonie de remise de notre drapeau marque la fin de notre engagement militaire et le retour dans nos foyers. Ce drapeau de soie rouge, avec au centre notre nom brodé en lettres d'or, sera alors soigneusement plié en attendant que ceux qui le servent soient à nouveaux appelés à se rassembler sous ses couleurs.   Alors que d'habitude nos terrains de prédilection sont les zones urbaines bombardées et les territoires ravagés par les catastrophes, nous avons été envoyés cette année dans les vallées et les montagnes de ce canton pour garantir le succès de la Patrouille des Glaciers. Certains ont du sourire en nous regardant nous préparer, en se disant que nous n'avions pas le pied alpin, que nous n'étions pas des fantassins. Sereins, nous sauveteuses et sauveteurs du bat sauv 1, nous restions confiants en notre capacité à évoluer en terrain difficile, notre endurance au travail en toutes conditions, notre maitrise des techniques de sauvetage en profondeur et de rappel en hauteur, notre habileté en construction, notre expérience à collaborer avec les partenaires civils et au profit de la population. Nous savions que nous allions réussir la mission. "AIDER et SAUVER", telle est la devise de notre blason.   Alors oui, c'est vrai, le Ciel nous a aidé. Certains appellent ça la Providence, d'autres la chance du soldat. Et pourtant, il a bien fallu que nous fassions notre part pour remplir les attentes et les missions, pour que les patrouilleuses et les patrouilleurs puissent s'élancer en toute sécurité et être accueillis comme ils le méritaient.

Et c'est là que je t'ai vu, toi, soldat, à SION, lorsque tu préparais et contrôlais les équipements et le matériel d'engagement, que tu faisais à manger tous les jours pour plus de cent, que tu nettoyais la caserne avec soin et application, que tu réparais les véhicules endommagés et que tu coordonnais les transports dans tout le Valais.   Je t'ai vu soldat, à ZERMATT, lorsque tu gardais l'entrée de l'abri où tes camarades dormais, que tu renseignais les touristes et les badauds qui déferlaient, que tu construisais une rampe pour que chacun puisse se déplacer en sécurité, que tu t'assurais que les équipements des patrouilles étaient conformes et complets, que tu accompagnais dans leur découverte les amis de la PdG et que tu courais comme un dératé avec tes camarades pour ouvrir la voie au départ des coureurs qui s'élançaient vers les sommets.   Je t'ai vu soldat, à AROLLA et aux HAUDÈRES, lorsque tu patientais en attendant de pouvoir soigner ceux qui, civils ou militaires, s'étaient blessés, que tu gardais les infrastructures et le sourire, dans la nuit et le froid, que tu te bagarrais avec un système de cuisine mobile défaillant, tout en produisant des repas pour tout un régiment, que tu ambiançais les coureurs sur la ligne de départ, que tu exploitais les systèmes de conduite pour suivre l'action qui se déroulait et que tu me conduisais partout où le devoir m'appelait.   Je t'ai vu soldat, à VERBIER, lorsque tu construisais une tente si vite que personne n'en revenait, que tu accueillais les coureurs à leur arrivée, que tu portais leurs skis qu'ils ne pouvaient plus soulever, que tu relevais les patrouilleurs fatigués qui s'écroulaient dès la ligne d'arrivée passée, que tu distribuais de l'eau à ceux qui attendaient de pouvoir se rétablir et que tu t'activais pour le bon déroulement de la cérémonie.   Et enfin je t'ai vu soldat, à ton retour après plus de 7 jours sur les hauts, les skis sur le dos, fatigué d'avoir tracé le parcours, la peau tannée par le soleil mais les yeux brillants d'aventures exceptionnelles.   Oui je t'ai vu soldat, et j'ai été fier de toi.

Militaires de ce bataillon unique en Suisse romande, en ces 4 années de commandement, j'ai eu tellement de plaisir à servir avec vous et je suis si fier de tout ce que nous avons accompli.   Ensemble, nous avons, pour la 1ère fois dans notre armée, accompli un exercice d'engagement bataillonnaire de lutte contre un feu industriel de grande ampleur.   Nous avons été engagés sur la mythique piste du Lauberhorn, tout en assurant les honneurs militaires pour le Président ukrainien et le Premier Ministre de la République populaire de Chine, ainsi qu'en démontrant nos capacités de sauvetage aux forces armées polonaises.   Nous nous sommes entraînés avec les chiens de sauvetage et les troupes de défense NBC de notre armée pour développer nos compétences de sauvetage au combat, tout en assurant des travaux de génie pour la place d'armes de Payerne.   Et aujourd'hui, nous avons contribué au succès de l'édition 2026 de la Patrouille des Glaciers.   J'ai assez de souvenirs pour une vie, et je vous remercie, toutes et tous, pour votre confiance et votre loyauté, pour votre engagement dans les missions données.   Alors que je m'apprête à prendre congé de vous et à mettre en pratique le célèbre adage "Servir et disparaître", il me tient à cœur de remercier ici des officiers et sous-officiers supérieurs qui aujourd'hui s'en vont aussi :  

  • Capitaine Lionel Gremion, commandant de la compagnie de sauvetage 1/2 et qui part en service d'avancement avant de revenir dans nos rangs en tant qu'adjudant de bataillon

  • Capitaine Anaël Monney, officier renseignement de notre état-major, membre de la chaîne suisse de sauvetage et qui s'en va rejoindre les hauts pour devenir officier alpin pour la PdG

 

  • Capitaine Théodore Rouget, Quartier-maitre avec qui j'ai partagé l'enthousiasme de la découverte des troupes de sauvetage et qui rejoindra également la PdG sur la base d'AROLLA

 

  • Adjudant d'état-major Christophe Préperier, sous-officier logistique à l'état-major, pour être juste on devrait plutôt dire valeureux officier circulation et transport par défaut, et qui rejoindra lui l'état-major de la division.

Je vous souhaite beaucoup de plaisir et de réussite dans la suite de votre vie de soldat, et je vous remercie pour tous les services rendus jusqu'ici, au bataillon et à la population.   Enfin, à vous toutes et tous, je vous souhaite de garder la conviction de votre mission et de vous méfier du découragement. Je vous exhorte à persévérer dans la maitrise de tous vos systèmes si utiles à la protection de la population en cas de conflits ou de catastrophes. Ne craignez pas les menaces et les tensions qui grondent aux frontières. Restez confiants en vos capacités et votre camarde d'à côté. Continuez à vous engager sans réserve, en vous disant que vous aurez bien le temps de vous reposer après. Soyez toujours les premiers à rentrer dans un décombre ou dans une zone de combat, et le dernier à en sortir, riant le plus fort pour conjurer le sort. Rappelez-vous des bons moments et ne vous encombrez pas du reste. Entretenez l'amitié et préservez la paix.   Et pour cette dernière fois, permettez-moi d'aller un peu plus loin, au risque de vous dérouter. Gilbert Keith Chesterton disait "Le vrai soldat ne se bat pas parce qu'il haït ceux qui sont devant lui, mais parce qu'il aime ceux qui sont derrière lui.” Ne soyons donc pas des sauveteurs, des soldats, par obligation, ou même uniquement par conviction, mais faisons-le (tenez-vous bien) par amour, car il n'y a que ça qui nous permettra d'être vraiment prêt à donner notre vie pour en sauver une autre.   Et si vous ne vous en sentez pas capable, ou si la fatigue du combat pèse sur vous de tout son poid, tournez votre regard vers le Ciel, et à nouveau il vous aidera.   Camarades, je ne vous appelle plus soldat, mais amis.   Je pars.   AIDER et SAUVER !   Vive le 1er bataillon de sauvetage   Vive la Suisse

Compagnie d'État-Major sauv 1, base de SION

Patrouille des Glaciers 2026 : engagement à la Cabane des Dix

Dans le cadre de la Patrouille des Glaciers 2026, le sergent Antoine Loutan a été engagé à la Cabane des Dix au sein d’un détachement chargé d’assurer plusieurs missions essentielles au bon déroulement de l’épreuve. Le dispositif comprenait notamment la mise en place d’un poste sanitaire, la tenue d’un point de passage au niveau du passage des filets, la surveillance du secteur du Pas du Chat, ainsi que le balisage des itinéraires à l’aide de bâtons lumineux.

Bien qu’il n’occupât pas une fonction de cadre au sens strict, cette responsabilité relevant du domaine des spécialistes montagne, le sergent Loutan pris part à la mission avec un engagement total. Cet engagement lui a permis de découvrir une discipline exigeante dans un environnement alpin particulièrement contraignant, mais aussi de mesurer concrètement la valeur du travail collectif sur le terrain. Les déplacements entre les différents postes, effectués à skis ou avec les peaux, ont constitué une composante marquante de cette mission et ont pleinement contribué à son immersion dans cet engagement particulier.

Au-delà des tâches exécutées, c’est surtout l’esprit de cordée régnant au sein du détachement qui a marqué le sergent. Dans l’effort, dans les contraintes du terrain et dans la durée de l’engagement, chacun a su soutenir, encourager et renforcer les autres. Cette cohésion, discrète mais constante, a constitué l’un des fondements du succès de la mission. Elle illustre avec force la réalité du service en montagne : dans un tel environnement, la réussite ne repose jamais sur un individu seul, mais bien sur la solidité du collectif.

L’engagement du sergent Loutan a toutefois été interrompu à la suite d’un accident survenu au passage des filets. Alors qu’il tentait de porter assistance à un patrouilleur tombé dans les filets, son pied s’est enfoncé dans la neige jusqu’au genou et il basculât par-dessus, provoquant sa chute. Blessé, il a dû être évacué par hélicoptère vers l’Hôpital de Sion pour une prise en charge médicale. Cet événement a mis un terme prématuré à sa participation à la mission.

Au-delà de la blessure elle-même, le principal ressenti du sergent Loutan a été une forte frustration opérationnelle. Il lui a été difficile d’accepter de devoir quitter son poste sans pouvoir poursuivre sa mission jusqu’à son terme, alors même qu’il tenait à continuer d’assurer sa présence sur le terrain et à soutenir les patrouilleurs engagés dans l’épreuve. Cette frustration témoigne de l’implication personnelle qu’il avait placée dans cet engagement.

Le sergent Loutan tient à souligner la réaction exemplaire du sergent Emery, spécialiste montagne, qui a fait preuve d’un sang-froid, d’une efficacité et d’un professionnalisme remarquables. Ce dernier est tout d’abord intervenu pour porter secours au patrouilleur tombé dans les filets, avant de prendre en charge le sergent Loutan. Grâce à cette réaction rapide et maîtrisée, l’évacuation a pu être organisée sans délai et la prise en charge médicale s’est déroulée dans les meilleures conditions. Au moment de la rédaction de cet article, la gravité exacte de la blessure n’était pas encore connue, une IRM étant prévue le lendemain.

Malgré cette issue personnelle défavorable, le sergent Loutan retient avant tout la fierté d’avoir appartenu à un détachement dont l’engagement à la Cabane des Dix a été reconnu comme un succès. Il retient également la qualité du travail accompli par ses camarades, leur détermination, ainsi que leur capacité à remplir la mission dans un environnement exigeant.

À travers cette expérience, une conviction s’impose : l’esprit de cordée demeure une valeur centrale de l’engagement militaire en montagne. La Patrouille des Glaciers ne met pas seulement à l’épreuve les capacités physiques et techniques ; elle rappelle aussi que la mission se remplit grâce à la confiance mutuelle, à l’entraide et à la cohésion. C’est cet état d’esprit que le sergent Loutan retiendra en priorité de son engagement à la Cabane des Dix. Sgt Antoine Loutan, Sgt Romain Devayes, sdt Cyril Adler, sdt Loïc Büchler

Compagnie de sauvetage 1/1, base de ZERMATT

Dernière phase du SIF au profit de la PdG

Après plusieurs jours d’engagement intense au profit de la Patrouille des Glaciers, la compagnie de sauvetage 1/1 entame à Zermatt une phase bien différente, mais tout aussi essentielle : celle de la reddition du matériel. Dans l’ombre de la majestueuse silhouette du Matterhorn, les visages marqués par l’effort laissent progressivement place à une satisfaction discrète, celle du devoir accompli. Cette étape, souvent perçue comme purement logistique, revêt en réalité une importance capitale. Chaque pièce d’équipement est contrôlée, nettoyée, inventoriée avec rigueur. Derrière ces gestes méthodiques se cache la volonté constante de garantir une disponibilité irréprochable pour les engagements futurs. Car si la mission opérationnelle est terminée, l’exigence, elle, ne connaît pas de relâchement.

Afin de rythmer cette phase et de maintenir la cohésion qui a fait la force de la troupe durant l’engagement, une marche a été organisée le mardi 21 avril autour de Zermatt. Loin des contraintes opérationnelles, cette parenthèse au cœur des paysages alpins a permis à chacun de souffler, d’échanger, et de mesurer le chemin parcouru — au sens propre comme au figuré. Entre camaraderie et contemplation, cette sortie a renforcé les liens tissés dans l’effort.

Le mercredi 22 avril a été marqué par un moment fort en symboles : la cérémonie solennelle de remise du drapeau. Dans un cadre empreint de tradition et de respect, le commandement du bataillon de sauvetage 1 a été transmis par le lt col Luyet à son successeur. Ce passage de témoin, au-delà de sa dimension protocolaire, incarne la continuité de l’engagement et des valeurs qui animent le bataillon, rappelant à chacun son appartenance à une histoire collective plus vaste. Au fil des jours, la cadence diminue, laissant place à une atmosphère plus apaisée. Les dernières vérifications s’achèvent, les consignes finales sont transmises. La mission touche à sa fin.

Forte de cette expérience et animée par le sentiment du travail bien fait, la compagnie pourra être licenciée le vendredi 24 avril. Chacun regagnera alors son quotidien, avec en mémoire les images fortes de cet engagement au cœur des Alpes. Mais déjà, les regards se tournent vers la suite : une prochaine convocation attend la troupe pour un SIF sur son terrain de jeu habituel, dans le canton de Genève.

Ainsi se referme ce chapitre, entre exigence militaire, esprit de corps et fierté partagée. App Alexandre Paccaud

Compagnie de sauvetage 1/2, base de VERBIER

La cp sauv 1/2 engagée avec succès jusqu’au terme de la mission à VERBIER

Dans le cadre de la Patrouille des Glaciers, la compagnie de sauvetage 1/2 a eu pour mission de construire et d’exploiter l’ensemble du dispositif de la base de Verbier. Cette tâche exigeante, qui demandait à la fois de la rigueur, de la disponibilité, de la flexibilité et un fort esprit d’équipe, a été accomplie avec un engagement remarquable par l’ensemble de la troupe. Grâce à son travail constant et à sa très bonne coordination, la compagnie a contribué de manière décisive à la réussite de cet événement d’envergure nationale.

Samedi dernier, la course s’est achevée dans une ambiance particulièrement positive et avec un grand succès. Les participants, de même que leurs familles et les nombreux visiteurs présents, ont pu constater la qualité du dispositif mis en place à Verbier. L’organisation, le bon fonctionnement des installations et l’engagement visible des militaires ont été largement appréciés. La compagnie de sauvetage 1/2 a ainsi donné une image très positive de son savoir-faire, de sa discipline et de sa capacité à remplir sa mission avec professionnalisme du début à la fin.

Ce succès n’est pas le fruit du hasard. Il repose avant tout sur un important travail de préparation, sur une exécution précise de chaque tâche et sur l’implication de tous les militaires engagés. Tout au long de la mission, la compagnie a su répondre présente, s’adapter aux besoins et assurer le bon fonctionnement de l’ensemble du dispositif de la base de Verbier. Chaque élément mis en place, chaque tâche exécutée et chaque effort fourni ont contribué à offrir aux participants et à leurs proches un cadre organisé, accueillant et efficace.

Après la fin de la course et une remise des médailles particulièrement réussie, la mission était toutefois loin d’être terminée. Fidèle à son sens du devoir, la compagnie de sauvetage 1/2 s’est immédiatement remise au travail afin de rétablir et de ranger l’ensemble des infrastructures déployées pour l’événement. Sans relâchement, les militaires se sont organisés rapidement en plusieurs petits groupes, chacun recevant une mission claire, afin de garantir un démontage structuré, rapide et efficace.

Les différentes équipes ont alors pris en charge de nombreuses tâches essentielles. Il s’agissait notamment de remettre en état le poste d’arrivée et le centre sportif, de ranger la scène, de démonter le podium, de démonter la grande tente qui avait servi de cantine et de nettoyer la place d’engagement. Cette phase de rétablissement, souvent moins visible du public mais tout aussi importante, a été accomplie avec le même sérieux, la même discipline et la même motivation que durant la phase d’exploitation. Là encore, la compagnie a démontré toute sa valeur en restant pleinement engagée jusqu’au terme de la mission.

L’engagement remarquable du groupe mat mag ainsi que celui des conducteurs «Dieci» mérite d’être particulièrement souligné. Leur contribution a été déterminante dans cette phase finale, en apportant un soutien essentiel au rangement, au transport du matériel et au rétablissement rapide des différentes infrastructures. Grâce à leur efficacité, à leur disponibilité et à leur excellent esprit de service, ils ont largement participé au succès de l’ensemble de l’opération.

Au-delà des tâches accomplies, cette mission a surtout mis en évidence les qualités humaines et militaires de la compagnie de sauvetage 1/2. La cohésion, la volonté de bien faire, la capacité d’adaptation et le sens des responsabilités ont marqué l’engagement de la troupe pendant toute la durée de la mission. Chaque militaire, à son niveau, a contribué à la réussite collective par son travail, son attitude et son investissement personnel.

Par son engagement exemplaire, la compagnie de sauvetage 1/2 a non seulement assuré avec succès la construction, l’exploitation et le rétablissement du dispositif de la base de Verbier, mais elle a également laissé une impression très positive auprès de la population, des participants et de leurs proches. Elle peut être fière du travail accompli et de l’image qu’elle a donnée au service de la Patrouille des Glaciers. Plt Gabriel Galvan, lt Aurélien Vuilliomenet

Compagnie de sauvetage 1/3, base d'AROLLA

PdG 2026, des sauveteurs au cœur de la course

5… 4… 3… 2… 1… DÉPART ! Dans l’air vif d’Arolla, à plus de 2 000 mètres d’altitude, le compte à rebours claque comme un signal attendu. Ce samedi 18 avril, à l’aube, la douzième et ultime course s’élance dans une atmosphère à la fois solennelle et électrique. Le froid nocturne mord encore les visages, mais l’euphorie collective balaie toute hésitation : enfin, le moment tant attendu est arrivé, celui pour lequel chacun s’est préparé durant des semaines.

Au cœur de ce dispositif, la cp sauv 1/3 occupe un poste clé, plongée dans l’intensité du départ. La scène est animée : le sergent Reynaud, DJ improvisé, fait vibrer la vallée tandis que, sous la tente d’accueil, les équipes s’activent sans relâche. Questions de dernière minute, stress palpable, ajustements de matériel — mais aussi rires et encouragements — rythment ces instants suspendus avant l’effort.

Même ceux habituellement en retrait, accaparés par l’administratif, changent de rôle. Ordonnance de bureau et officier matériel deviennent juges de départ, chargés d’un geste décisif : libérer la corde et lancer les athlètes, déjà tendus vers la course. Le tout dans une chorégraphie improvisée, entre énergie communicative et prudence sur une piste encore gelée.

Autour d’eux, les gestes s’enchaînent : distribution de chocolats et de biscuits militaires, aide pour fixer les dossards, réparations de fortune sur casques et fixations, jusqu’à retrouver des cartes d’identité égarées dans la neige. Autant de détails qui témoignent d’un état d’esprit constant : être là, disponibles, engagés, au service des autres.

Mais tandis que les concurrents s’élancent, une autre dynamique s’enclenche en coulisses. Pour la cp sauv 1/3, c’est déjà le début du repli. La mission, pourtant, est loin d’être terminée. Ici, rien ne s’achève vraiment tant que le matériel n’est pas revenu, complet et entretenu. Ce n’est qu’alors que chacun pourra tourner la page et retrouver ses proches, son travail, son quotidien.

Reste une question, presque inévitable : comment conclure une telle répétition ? Au-delà de la fatigue, un sentiment mêlé s’installe — entre fierté, joie et une pointe de mélancolie. Car avec la fin de ces journées s’achève aussi une parenthèse faite de camaraderie, d’efforts partagés et de nuits glaciales.   À tous ceux qui ont pris part à cette aventure : merci. Pour l’engagement, pour la solidarité, pour cet esprit de corps qui, malgré les contraintes, n’a jamais faibli. En conclusion, je vous laisse avec notre Sgt Polli, le responsable du matériel qui souhaitait vous laisser ces quelques mots:

De l’âme du sauveteur  S’il y a une chose qu’un sauveteur met en avant, c’est soi-même : soi-même avant tout, mais avant tout au service des autres.  La compagnie 3 représente fidèlement cet esprit : la volonté d’être là pour tirer le groupe en avant, pour donner de son temps au profit d’une collectivité, la volonté de faire de son mieux, même dans les temps les plus durs, la volonté, finalement, du sacrifice de soi.

L’âme d’un militaire suisse réside dans sa résilience et sa volonté de n’être qu’un rouage au service de la paix. L’âme d’un sauveteur de la compagnie 3 du bataillon de sauvetage 1, c’est déjà cela, mais c’est aussi beaucoup plus. Si la camaraderie est au centre des valeurs d’un militaire, c’est dans la compagnie 3 qu’elle s’exprime le mieux. Le sacrifice pour les autres s’exprime avant tout dans tout ce que nous faisons pour nos camarades, que ce soit en termes de temps investi, de moments de joie partagés, de difficultés surmontées ensemble, mais, encore et surtout, du travail accompli en commun.

Cet esprit de corps, pour utiliser une expression militaire, cette âme intrinsèque à la compagnie 3 doit perdurer. Mais elle ne peut perdurer si l’on n’arrive pas à mettre de côté nos différends, nos inimitiés et notre ego.

L’effort commun doit et peut être accompli par une simple règle, un principe de base, un tout qui tient en un mot : le respect. Le respect des décisions hiérarchiques, mais aussi des avis contraires. Le respect des règles établies, mais aussi de la liberté individuelle. Le respect de l’autre, mais aussi de soi. Finalement, le respect du sacrifice, mais aussi de ses limites. Par ces mots, j’aime à penser que je vous ai transmis ce message simple : 

Un sauveteur seul n’est qu’un militaire parmi d’autres. Un sauveteur de la compagnie 3 porte en lui la force de ses camarades.

Plt Joaquim Saugy, Sgt Bastien Polli

Interview d'un ancien camarade ayant participé à la course A2

Salut Jean-Martial, merci d'avoir accepté de nous faire part de ton expérience en tant qu'ancien du bataillon et participant cette année à la course A2 de la PdG. Pour ceux qui ne t'ont pas connu, pourrais-tu te présenter brièvement, ainsi que ton parcours militaire? Alors Jean-Martial Pfister, marié et père d'un petit garcon. J'ai fais mon ER en 2013-2014 à Wangen a.A. suivi de l'école de SOF pour devenir sergent. J'ai accepté le rôle de sergent major d'unité de la cp sauv 1/3 en 2024. Était-ce ta première participation? C'était ma 4ème inscription à la Patrouille des Glaciers et deuxième participation. 2x course annulée. Comment s'est déroulée votre préparation? On a eu un magnifique hiver avec des bonnes conditions qui nous on permis de s'entraîner régulièrement les week-ends. On a participé à quelques courses dont Les Trophée des Gastlosen, Défis des Faverges, Trophée du Muveran et pour finir en beauté la PdG.

En tant qu'ancien du bat, tu as eu l'occasion de croiser d'anciens camarades sur cette édition, j'imagine que cela avait une note particulière pour toi? Oui alors c'était vraiment sympa de voir mes anciens camarades soldats, sous-officiers et officiers souriants et motivés lors de cette Patrouille des Glaciers 2026. Ils ont fait un travail remarquable et je les en remercie. Un merci particulièrement à notre animateur de la cp sauv 1/3 au départ d'Arolla. L'ambiance était au top. Comment tes compagnons de cordée et toi avez-vous vécu la course? Alors c'était une année spéciale car nous avons couru la PdG en famille pour la première fois. Mon père qui en est à sa 11ème participation, moi-même à ma 4ème et ma sœur pour qui c'était la première fois. Une journée magnifique avec un bel esprit d'équipe. On était là pour se soutenir et s'entraider tout au long de la course. On a eu un léger soucis de communication sur le long plat du lac mais la bonne humeur était au rendez-vous.

Est-ce que ça t'a plu? Prévois-tu de te lancer à nouveau dans deux ans? Oui l'ambiance durant cette course légendaire, est absolument incroyable. Que ce soit en haut à la Rosablanche ou à l'arrivée à Verbier. Je prévois de faire la Grande Patrouille des Glaciers dans 2 ans avec d'autres coéquipiers. Un grand merci pour ton retour d'expérience, un dernier mot pour le bataillon? Je tiens à remercier chaleureusement le bataillon de sauvetage 1 pour vos efforts, votre efficacité et votre motivation. Grâce à votre engagement et à votre dévouement, nous avons pu participer à cette Patrouille des Glaciers 2026 en toute sérénité. Votre présence et votre professionnalisme font toute la différence - un immense merci à chacun d'entre vous. VIVE LE BAT SAUV 1, VIVE LA SUISSE ET VIVE LA PDG Merci Jean-Martial Pfister

Vidéos officielles de la Patrouille des Glaciers 2026

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Bat sauv 1

Credits:

Cell comm - Bat sauv 1