Officiers de port, acteurs clé du domaine maritime Au cœur des 38 principaux ports français, les officiers de port et leurs adjoints assurent la sécurité des hommes et des marchandises. Portraits de trois officiers qui incarnent l’esprit d’action et de responsabilité de ce métier unique, à la croisée de l’adrénaline maritime et de la stabilité à terre. Et si vous aussi, vous rejoigniez l'aventure ?

À Marseille, Dunkerque, Bayonne ou Mayotte : un métier d’action au cœur de l’activité maritime

Gardiens de la sécurité maritime

Les officiers de port (OP) et officiers de port adjoints (OPA) sont les gardiens de la sécurité maritime.

Au quotidien, ils coordonnent la vie du port : surveiller les entrées et sorties de navires, assigner chaque bateau à son poste, contrôler les amarrages ou encore instruire les demandes d'escales. Sur les quais, ils font respecter la réglementation, relèvent les infractions et préviennent les risques tels que la pollution, les épidémies ou encore ceux liés au transport, à la manutention ou au stockage de marchandises dangereuses. Enfin, ils assurent le contact permanent avec l'exploitant du port et les professionnels portuaires comme les lamaneurs, pilotes et agents. Ils sont aussi les premiers à réagir en cas d’incident ou de crise maritime.

Des missions multiples au sein des capitaineries

Les officiers de port et leurs adjoints incarnent le visage de la capitainerie auprès des élus locaux et des usagers.

Dans les grands ports maritimes comme dans les ports décentralisés, ils peuvent exercer la fonction de commandant de port avec des missions alliant régulation du trafic, gestion administrative et planification des opérations. Partout, ces professionnels gèrent la coexistence d’acteurs aux intérêts parfois divergents : transporteurs, pêcheurs, plaisanciers, industriels.

Surveillance du trafic maritime depuis une capitainerie

La capitainerie est le cœur névralgique du port, le lieu de tous les échanges avec les usagers et acteurs portuaires. Les OP et OPa y travaillent en lien étroit avec les services de l'État, les collectivités territoriales, les commandants de navires et les entreprises maritimes.

Officier de port au travail - Grand port maritime de Bordeaux
Capitainerie du grand port maritime de Bordeaux

Virginie, Guillaume et Mathieu : trois parcours, une même passion

Virginie : navigatrice devenue stratège portuaire

Le parcours de Virginie Bouqueau, 49 ans, illustre la diversité des chemins menant vers ces métiers.

Virginie Bouqueau, officier de port - Port-de-Bouc

Après avoir navigué comme officière polyvalente, cheffe mécanicienne et capitaine d'armement, puis enseigné dans un lycée maritime, elle choisit de s'ancrer à Marseille pour raisons familiales. Une expérience dans l'inspection privée lui confirme son désir de rejoindre les capitaineries.

Ambitieuse, elle se lance simultanément dans les deux concours, qu’elle réussit. Après Sète et Le Havre, elle obtient son affectation de rêve à Marseille, travaillant au placement des navires.

Vue sur le grand port maritime de Marseille

Promue depuis, elle dirige aujourd'hui le service sécurité des opérations. Virginie apprécie particulièrement l'esprit d'équipe qui règne dans sa capitainerie, où se côtoient d'anciens militaires, pêcheurs et professionnels des chantiers navals.

« Qu'on soit un homme ou une femme, on peut toujours trouver son bonheur avec ce métier, qu'on souhaite travailler de jour ou de nuit, en posté, semi-posté ou en horaires administratifs. Il y a des places partout aujourd'hui ! » Virginie Bouqueau

Guillaume : de la passerelle à la capitainerie

Guillaume Lepine vient de fêter ses 40 ans comme commandant adjoint du port de Calais, où défilent quotidiennement 80 navires transportant voyageurs et marchandises. Après une décennie sur les ferries entre la France et l'Angleterre, Guillaume aspirait à retrouver sa famille tout en restant dans l'univers maritime.

Guillaume Lepine, officier de port - Port de Calais

Le concours d'officier de port adjoint lui ouvre cette porte. Son premier poste en Guyane, loin des siens pendant un an, lui permet de gérer les arrivées et départs des navires pétroliers et de ravitaillement des fusées Ariane. De retour dans le Nord, il rejoint Boulogne-sur-Mer, puis Calais. Sa connaissance intime du détroit, acquise durant ses années embarquées, devient un atout majeur. Quatre ans plus tard, il passe le concours et accède à son poste actuel, preuve que les évolutions de carrière peuvent être rapides dans ce secteur.

« Après 10 ans embarqué, j'ai une stabilité à terre et je suis chaque jour au contact des marins. À la capitainerie, rien n'est écrit d'un jour à l'autre. On est en perpétuelle alerte et paré à toutes éventualités, comme en mer ! » Guillaume Lepine
Guillaume Lepine, officier de port - Capitainerie du port de Calais
Conteneurs au terminal des Flandres, grand port maritime de Dunkerque

Chaque année, près de 44 millions de tonnes de marchandises transitent au port de Calais. 

« Des voyageurs, des navires câbliers, du transport d’agrégats, de sucre, de pierres à chaux, de voitures… Nous avons également un terminal dédié au report modal ! » Guillaume Lepine
Déchargement de pâte à papier depuis un cargo sur un terminal du grand port maritime de La Rochelle, puis transport des wagons par l'opérateur ferroviaire portuaire

Mathieu : d'électromécanicien de la Marine à commandant de port

Mathieu Barranger, quant à lui, a récemment pris les commandes du port des Sables-d'Olonne après quatre ans comme adjoint. Une ascension qui confirme que dans les structures de taille moyenne, les responsabilités sont réelles. Ancré en Vendée après 24 années dans la Marine nationale à sillonner toutes les mers du globe, cet ancien militaire débute comme surveillant de port avant de bénéficier d'une validation des acquis de l’expérience et d'un emploi réservé comme officier de port adjoint.

À l’origine port de pêche, le port des Sables-d’Olonne est devenu au fil des ans port de commerce, de plaisance et enfin, port de course au large. Mathieu y supervise le transit de près de 300 navires de commerce par an, une soixantaine d’unités de pêche et les prestigieuses arrivées et départs du Vendée Globe. Sa proximité avec les acteurs locaux fait de lui une personnalité maritime incontournable de la région.

« Dans un port à taille humaine comme celui des Sables-d’Olonne, on ne s’ennuie jamais. » Mathieu Barranger

Vous aussi, devenez officier de port !

Devenir officier de port, c’est :

  • exercer un métier technique qui allie adrénaline et réflexion stratégique
  • la sécurité de l'emploi dans la fonction publique d'État
  • une montée en responsabilités rapide et une diversité de missions
  • des opportunités de mobilité dans toute la France
  • la stabilité familiale sans renoncer à l'univers maritime

Les atouts sont nombreux pour celles et ceux qui rêvent de conjuguer passion de la mer et vie à terre.

Un concours accessible à tous

Sans limite d'âge ni exigence physique particulière, le concours ne requiert qu'une seule condition fondamentale : aimer la mer et vouloir être au service des capitaines et de leurs navires, tout en travaillant à terre.

Des conditions d'accès élargies

Depuis 2025, le concours interne d'officier de port adjoint s’ouvre davantage : syndics des gens de mer, surveillants de port, agents de pont, mécaniciens, agents de contrôle... Toute personne justifiant de cinq ans d'expérience dans le secteur portuaire ou maritime peut rejoindre la fonction publique d'État et sécuriser son parcours professionnel.

38 ports, des centaines d'opportunités

De Dunkerque à Mayotte, de Marseille à Brest, 28 ports de commerce décentralisés et 10 grands ports maritimes recrutent, partout en France.

Les ports vous attendent !

Que vous soyez marin en quête de stabilité, professionnel du secteur portuaire ou passionné de mer cherchant une reconversion, les capitaineries françaises ont besoin de vous.

Les départs à la retraite et le développement des activités portuaires créent des opportunités dans tous les ports de France, de la Manche à la Méditerranée, de l'Atlantique à l'outre-mer.

Comme Virginie, Guillaume et Mathieu, vous pourriez demain orchestrer le ballet des navires, garantir la sécurité maritime et devenir une figure incontournable de votre port. Le concours 2026 est ouvert : et si c’était votre tour ?

Crédits :

Ministères Transition écolgogique, Aménagement du territoire, Transports, Ville et Logement - Ministère chargé de la Mer et de la Pêche - SG/DICOM [Photos : Arnaud Bouissou, Gabriel Debeaupte, Laurent Mignaux / Terra ] [ Texte : Mathilde Christiaens ]