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Une route longue et sinueuse

L’accès aux soins de santé dans la République montagneuse du Kirghizistan

La route de Naryn à Bichkek est longue. Elle suit d’abord la tortueuse rivière Naryn avant de traverser de vastes vallées ouvertes et des cols de montagne accidentés. 

Des troupeaux de chevaux et de moutons parsèment le paysage, et de petits villages apparaissent par intermittence au loin. Finalement, l’air se remplit du mouvement et du bruit de la capitale animée.

For residents of Naryn town, this five-hour journey is often a costly and arduous barrier to health care.

Nichée dans le centre montagneux de la République kirghize, la ville se trouve à plus de 2 000 mètres d’altitude, ce qui en fait l’un des établissements les plus élevées d'Asie centrale. Son isolement géographique entraîne de véritables défis pour l’accès aux soins de santé.

Selon Gulzat Masymbaeva, les maladies cardiovasculaires et le cancer sont les maladies les plus répandues en République kirghize. Le cancer du sein est l’un des diagnostics les plus courants chez les femmes, et le cancer de l’estomac est le plus courant chez les hommes.

Gulzat coordonne le volet santé et nutrition du Programme de soutien au développement des sociétés de montagne à la Fondation Aga Khan.

À Naryn, le taux de mortalité par cancer du sein est élevé. En effet, jusqu’à 50 % des femmes nouvellement diagnostiquées ne survivent pas au-delà de leur première année. En revanche, la survie à cinq ans est supérieure à 90 % dans les pays à revenu élevé, selon l’Organisation mondiale de la santé.

« Avec une détection précoce, le taux de récupération pourrait atteindre 95 %. Mais la plupart des gens arrivent à l’hôpital alors que leur cancer est déjà à un stade avancé… Et les spécialistes sont basés à Och [une ville située à plus de 400 kilomètres de Naryn] et à Bichkek », explique Gulzat.

La géographie de la région contribue également à la prévalence de certaines maladies. Le froid aggrave les affections pulmonaires et les allergies, tandis que la haute altitude entraîne de faibles niveaux d’oxygène et souvent des artères rétrécies.

Pour de nombreuses familles, les contraintes financières, le nombre limité de spécialistes et les obstacles culturels à la recherche de soins aggravent encore ces difficultés.

Mais avec le soutien du Canada et en partenariat avec les Services de santé Aga Khan, les établissements de santé comme l’Hôpital unifié de l’oblast de Naryn sont maintenant équipés de nouvelles fournitures médicales qui permettent d’offrir des soins de qualité, plus près de chez eux.

L’Hôpital unifié de l’oblast de Naryn.

De nouveaux équipements de santé, tels que des colposcopes et des appareils à échographie, aident les prestataires locaux à dépister, diagnostiquer et soutenir directement les patients, afin qu’ils n’aient plus à se rendre à Bichkek. Pour les maladies non transmissibles, le matériel de dépistage sanitaire est particulièrement crucial pour réduire la mortalité et les effets à long terme sur le bien-être en favorisant une intervention et des soins en temps opportun.

« Tout le monde n’a pas les moyens de se rendre à Bichkek », explique la Dre Tukan, qui travaille comme obstétricienne-gynécologue à l’hôpital unifié de l’oblast de Naryn depuis 43 ans.

« Dans certains cas, il est très difficile de poser un diagnostic, en particulier lorsque les patients présentent plusieurs pathologies. Dans de telles situations, avec l’aide de la télémédecine, on consulte des professeurs et des spécialistes en ligne, et on décide ensemble quelle est la meilleure marche à suivre, par exemple une référence vers Bichkek ou un traitement local. La télémédecine est vraiment très utile. »

La Dre Tukan avec un patient.

Le nouvel équipement a également permis aux travailleurs et travailleuses de la santé d’offrir des soins aux personnes qui ne peuvent pas se rendre à l’hôpital. « Avant de recevoir un échographe portatif, il n’y avait qu’un seul appareil à l’hôpital », se souvient la Dre Tukan. « Tous les patients gravement malades, blessés ou traumatisés, devaient être amenés ici sur des civières, puis ramenés chez eux, été comme hiver. Maintenant, pour les patients gravement malades en cardiologie, nous pouvons prendre la machine portable et aller chez eux directement. »

Le développement professionnel est également un défi, selon la Dre Tukan, car de nombreux travailleurs de la santé publique doivent souvent financer leur apprentissage et prendre des congés non rémunérés pour suivre des formations. Le soutien du Canada a permis d’offrir une formation entièrement financée au personnel pour qu’il apprenne à utiliser le nouvel équipement, en plus d’une formation sur des sujets comme la santé des adolescents, la santé psychologique et la nutrition.

« Pour moi, c’était ma première formation… Je viens de terminer un cours sur la pathologie cervicale, son diagnostic et son traitement. C’était très utile pour mon travail », explique la Dre Tukan. « Il y a également une salle dédiée à l'apprentissage à distance [dans cet hôpital] », ajoute Gulzat, ce qui favorise l'apprentissage continu et le développement professionnel.

À l’extérieur de l’hôpital, des campagnes d’éducation sanitaire, menées par des fournisseurs locaux, aident les communautés à adopter des habitudes plus saines – comme planifier des examens réguliers ou manger des aliments plus sains – pour favoriser le bien-être à long terme.

Gulzat a déjà remarqué des changements subtils, mais significatifs : davantage de légumes sont ajoutés aux repas quotidiens, les parents remplacent les bonbons par des fruits secs, et les membres de la communauté utilisent du matériel d’entraînement dans les parcs du quartier.

« Je suis fière de voir les gens bénéficier de ce travail », dit Gulzat.

 « Il est important d’améliorer le système de santé. Ceux qui ont de l’argent vont dans des cliniques privées, mais ce n’est pas tout le monde qui peut se le permettre », ajoute la Dre Tukan. « C’est pourquoi il est important de soutenir et de motiver les médecins et tout le personnel médical du secteur public. »

Cette histoire fait partie du programme Fondations pour la santé et l’autonomisation (F4HE), une initiative de la Fondation Aga Khan Canada, mise en œuvre avec le soutien financier du gouvernement du Canada. En savoir plus sur le programme F4HE.

Crédit photo : Rich Townsend / AKFC