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Perec et les lieux

Écrire sur la ville avec Georges Perec

Romancier majeur du XXe siècle, éminent membre de l'OuLiPo (Ouvroir de Littérature comparée), Georges Perec est aussi un amoureux de Paris et un écrivain des lieux. C'est ce que ce cours va tâcher de démontrer, en proposant de découvrir ce volet de l'œuvre de Georges Perec et en déployant des activités de lecture et d'écriture à partir, notamment, du recueil inachevé Lieux publié en 2022.

  1. Nous aborderons d'abord l'histoire et l'œuvre de Georges Perec.
  2. Nous mènerons ensuite nos activités autour des lieux, et de Lieux.
  3. Nous explorerons alors l'histoire de l'OuLiPo, groupe auquel Perec est étroitement lié.
  4. Nous ouvrirons enfin les enjeux narratifs à la bande dessiné avec la présentation de l'OuBaPo et de ses règles essentielles à partir desquelles des propositions de créations seront menées.

L'ambition de ce cours s'avère multiple et s'inscrit dans plusieurs perspectives du référentiel du DNMADE.

  • Il s'agit d'abord d'aborder un pan de l'histoire littéraire à travers la figure d'un auteur, ici en glissant de Perec à l'Oulipo.
  • Ce faisant, ce sont des problématiques d'écriture qui seront soulevées, à travers notamment des analyses de textes, théoriques et littéraires, et des travaux de synthèse invitant à une démarche réflexive sur ces pratiques d'écriture.
  • La lecture personnelle d'une œuvre narrative de Perec servira notamment de support à une partie ce travail, qui aboutira également à la productions d'écrits de fiction sous la forme de pastiche d'écriture sur le motif des lieux, socle de l'ensemble de la réflexion menée dans ce cours.
  • Enfin, nous ouvrirons le littéraire vers la dimension graphique et l'analyse de l'image (narrative) en abordant le cas de l'OuBaPo (Ouvroir de Bande dessinée Potentielle) comme prolongement de l'Oulipo.

I - Georges Perec

Rapide biographie

Membre majeur de l'OuLiPo, Georges Perec est né en 1936 à Paris et meurt en 1982, à 45 ans, d'un cancer du poumon. Il livre une œuvre majeure, fortement marquée par le destin de ses parents, juifs d'origine polonaise, décédés durant la Seconde Guerre mondiale en le laissant orphelin (son père meurt au combat en 1940, sa mère disparait en 1943 après avoir été arrêtée puis déportée vers Auschwitz).

Si Georges Perec est immensément connu et reconnu aujourd'hui, devenu un "écrivain démocratique" dont les formes sont reprises dans des ateliers et exercices d'écriture, il n'a réellement connu le succès public de son vivant que par deux fois, pour deux romans, Les Choses et La Vie mode d'emploi.

Pourtant, ses principaux romans ou ses essais à dimension sociologique sont des classiques particulièrement pertinents dans le cadre d'études de design.

Bibliographie organisée

Des romans, de la fiction
  • Les Choses (1965) : entrée en littérature couronnées par le Prix Renaudot, ce roman met en scène un jeune couple qui se plonge dans la société de consommation mais n'en retire que frustration et insatisfaction.
  • Un homme qui dort (1967) : récit d'une dépression, ce roman met en scène un étudiant qui décide de ne plus sortir de chez lui, hormis la nuit. Fait rare, il est écrit à la deuxième personne du singulier. Perec adaptera son roman au cinéma en 1974 (et on peut le voir sur YouTube)
  • La Disparition (1969) : objet de notre lecture, et donc détaillé plus bas, ce roman est le premier à suivre une contrainte oubapienne forte, en suivant une trame de roman policier.
  • Les Revenentes (1974) : envers de La Disparition, ce roman n'utilise qu'une seule voyelle, celle manquante dans le premier roman.
  • La Vie mode d'emploi (1978) : Prix Médicis, ce roman présente la vie de personnages au sein d'un immeuble parisien dont la façade est représentée au début de l'ouvrage. On visite, avec les chapitres, les différents appartements et on y découvre la vie de ceux qui y habitent ou y ont habité. La structure du roman est fondée sur une série de contraintes diverses, comment le problème du cavalier ou le carré latin.
L'autobiographie
  • W ou le souvenir d'enfance (1975) : mélange de fiction et d'autobiographie, dont la frontière se brouille, ce récit travaille la matière psychanalytique qui intéresse tant Perec (le romancier a effectué des analyses avec Françoise Dolto, Michel de M'Uzan et Jean-Bertrand Pontalis).
  • Je me souviens (1978) : recueil qui rassemble 480 bribes de souvenirs qui peuvent paraître banals et anodins.
Lieux et espaces
  • Espèces d'espaces (1974) : Réflexion sur ce que signifie habiter, ce texte se présente, comme l'indique la 4e de couverture de Perec lui-même, comme "le journal d'un usager de l'espace". Ces réflexions sur l'espace à habiter se prolongeront dans d'autres textes: De quelques emplois du verbe habiter ou De la difficulté qu'il y a à imaginer une Cité idéale.
  • Tentative d'épuisement d'un lieu parisien (1975 dans la revue Cause commune, puis 1982): Georges Perec s'installe au café de la Mairie situé sur la place Saint-Sulpice, le 18 octobre 1974, et tente de prendre en note tout ce qu'il peut observer pendant trois jours d'affilée. Ainsi, il cherche à capter le quotidien, le flux du temps, les variations présentes dans un même environnement.
  • Perec / rincations: des jeux et des textes publiés à l'origine dans "Télérama" en 1980-1981, proposant une sorte de visite de Paris.
  • Lieux (2022, posthume) : projet abandonné, datant de 1969-1975, dont quelques éléments avaient été publiés du vivant de Perec, et qui servit de base à plusieurs projets majeurs de Perec. Ces textes intriquent étroitement les lieux et la mémoire.
Essais et réflexions
  • Penser / Classer (1985, posthume) : recueil d'essais qui regroupe treize textes publiés antérieurement et doit son titre au dernier et plus long de ces essais.
  • L'infra-ordinaire (1989, posthume) : recueil de textes écrits entre 1973 et 1981 qui mènent une sorte d'inventaire du quotidien.

Perec et l'OuLiPo

Perec expérimente de nombreuses autres formes d'écriture. Il est ainsi coopté pour rejoindre l'OuLiPo en 1967 suite à un travail mené avec Marcel Benabou de 1967 à 1973: P.A.L.F. (Production Automatisée de Littérature Française), également nommée L.S.D. (Littérature Semi Définitionnelle). Ce travail vise à transformer un énoncé en remplaçant dans une phrase les mots par la définition du dictionnaire la plus éloignée possible du sens initial. Par exemple, "La marquise sortit à cinq heures", phrase emblématique de la littérature depuis sa critique dans le Manifeste du surréalisme, devient "Le toit avancé soutenu par des piliers fut mis en vedette à l'heure du thé".

Perec produit également de nombreux pastiches (le début de La Disparition pastiche d'ailleurs celui d'Un homme qui dort), de nombreux mots croisés désormais célèbres (comme les Perec/rinations publiées dans Télérama entre 1980 et 1981, autour des arrondissements de Paris), ou encore des recueils de poésie multipliant les contraintes d'écriture (Ulcérations, La Clôture et Alphabets).

1er poème d'Ulcérations. Il s'agit d'un hétérogramme (chaque vers est composé des mêmes 11 lettres qui ne se répètent pas).

Concernant les contraintes, l'OuLiPo lui a offert un cadre idéal pour sa création, ainsi que l'explique Claude Burgelin, spécialiste de l'auteur, dans son ouvrage de 2023: "Ce qui a illuminé Perec, c’est que l’Oulipo fasse de l’esprit de méthode un guide de la création littéraire. La place tenue par des principes mathématiques et par la rigueur dans les façons de construire, les règles énoncées comme des théorèmes lui donnent une nouvelle respiration. La langue se retrouve ainsi débarrassée de ses alourdissements et des pièges du pathos. Et prend ainsi forme une esthétique fondée sur l’élégance et la précision des procédures."

Georges Perec, de Claude Burgelin, 2023, Prix Goncourt de la biographie

II - Les Lieux de Perec

Le lien suivant sert de source à plusieurs propos développés dans cette partie.

Quelques textes pour contextualiser le projet

Pour appréhender correctement le projet d'écriture de Lieux, il est souhaitable de partir de quelques textes précis de Georges Perec qui le mettent en perspective.

Notes sur ce que je cherche à faire
  1. Quels sont, selon ses propres mots, les différents horizons de l'écriture de Perec ?
  2. De quelle manière s'articule "comment" et "pourquoi" dans cette démarche ?

En 1978, dans Notes sur ce que je cherche (publié dans Le Figaro et repris dans Penser/Classer en 1985), Perec pose ainsi quatre enjeux, sous la forme d'interrogations, comme étant au cœur de son travail:

  • une interrogation sociologique : comment regarder le quotidien.
  • une seconde d'ordre autobiographique.
  • une troisième, ludique, liée au goût pour les contraintes.
  • une dernière, qui concerne "le romanesque, le goût des histoires et des péripéties, l'envie d'écrire des histoires qui se dévorent à plat ventre sur son lit".
Approches de quoi ?, in L'infra-ordinaire
  1. Quel sens donnez-vous au propos de Perec sur les journaux ?
  2. Qu'en déduit-on de ce qui constitue le centre d'intérêt de Perec ?
  3. Comment comprenez-vous l'idée de "fonder notre propre anthropologie" ?
  4. Qu'est-ce que l'endotique pour Perec ?
  5. Vers quelles formes d'écriture ce propos débouche-t-il ?

Dans Approches de quoi ? Perec reproche aux journaux de ne se focaliser que sur l'événement, le spectaculaire et l'extraordinaire. Et même, que cet aspect des choses ne constitue une forme d'écran qui masque la réalité sous-jacente, nous en détourne. Il faut donc passer cet obstacle et s'intéresser au banal, au quotidien, à l'infra-ordinaire. Ce faisant, nous serons conduit à produire notre propre anthropologie au sens où nous nous intéresserons à ce qui nous façonne intimement au sein de notre environnement. Ainsi, contre un exotique associé au lointain extraordinaire et à distance de nous, il faut cultiver en endotique au plus près de nous et inscrit dans la banalité, l'immédiat et déjà-là. Cette démarche conduit à ces tentatives de saisie du réel par les descriptions minutieuses caractéristiques de l'écriture de Perec.

Espèces d'espaces
Lecture commune et commentée du texte afin de présenter le plus clairement possible le projet de Perec.

Présentation du projet lui-même

Tentative et abandon

Le projet Lieux nait donc en 1969 comme Georges Perec l'explique dans une lettre à Maurice Nadeau: « J’ai choisi, à Paris, douze lieux, des rues, des places, des carrefours, liés à des souvenirs, à des évènements ou à des moments importants de mon existence. Chaque mois je décris deux de ces lieux : une première fois sur place (dans un café ou dans la rue même) je décris “ce que je vois” de la manière la plus neutre possible […]. Une deuxième fois n’importe où (chez moi, au café, au bureau) je décris le lieu de mémoire, j’évoque les souvenirs qui lui sont liés, les gens que j’ai connus, etc. […]. Au bout d’un an j’aurai décrit chacun de mes lieux deux fois, une fois sur le mode du souvenir, une fois sur place en description réelle. Je recommence ainsi pendant douze ans en permutant mes couples. […] J’ai commencé en janvier 1969, j’aurai fini en décembre 1980 ! J’ouvrirai alors les 288 enveloppes cachetées des douze lieux ». Il précise ce projet : « Je recommence chaque année ces descriptions en prenant soin, grâce à un algorithme auquel j’ai déjà fait allusion (bi-carré latin orthogonal, d’ordre 12), premièrement, de décrire chacun de ces lieux en un mois différent de l’année, deuxièmement, de ne jamais décrire le même mois le même couple de lieux ».

Le schéma d'écriture est posé ainsi qu'on peut le voir dans cet article qui en étudie les ressorts en s'appuyant sur des documents de travail de Perec, avec un algorithme suggéré par le mathématicien Indra Chakravarti (leur correspondance est reproduite dans Lieux).

En janvier 1969, Perec, membre de l'Oulipo depuis deux ans, vit une rupture sentimentale. Il quitte l'Eure où il vivait avec Suzanne Lipinska et revient à Paris. Ce projet doit lui servir à "s'enraciner à Paris" tout en trouvant quelque chose à faire. Pour autant, le projet est abandonné en 1975. Entretemps, Perec a mené ou entamé de nombreux autres projets qui portent la marque de Lieux et concrétisent sous d'autres formes ce monumental projet. Ainsi, il a tourné Un homme qui dort avec Bernard Queysanne, précisément dans certains lieux de Lieux. Il a écrit W ou le souvenir l'enfance (1975) qui reprend la partie mémoire du projet, Espèces d'espaces (1974) qui précise certaines intentions sur les lieux. Il a également commencé à écrire Je me souviens... En 1975 toujours, il rencontre la cinéaste Catherine Binet, amorce son futur grand roman La vie mode d'emploi.

Certains textes issus du projet seront publiés dans des revues à la fin des années 1970 (cinq extraits, tous prélevés dans les « réels », jamais dans les « souvenirs », dont vous pouvez retrouver la trace sur le site de l'ouvrage), la plupart des enveloppes demeurent scellées jusqu’à la mort de l'écrivain, en 1982. Philippe Lejeune et Ela Bienenfeld (héritière de l’auteur) les ouvrent pour la première fois en 1988, six ans après la mort de l’écrivain .

Mais Perec publie cette même année 1975 Tentative d'épuisement d'un lieu parisien qui semble directement mettre en scène, de manière resserrée sur la description d'un unique lieu précis, le projet initial avec lequel il s'inscrit en quelque sorte en filiation directe.

Tentative d'épuisement d'un lieu parisien

Le 18 octobre 1974, Georges Perec s'installe au café de la Mairie situé sur la place Saint-Sulpice dans le 6e arrondissement de Paris. Pendant trois jours d'affilée et à différents moments de la journée, il tente de prendre note de tout ce qu'il voit. Il en établit ainsi une liste représentant la vie quotidienne, sa monotonie, mais aussi les variations infimes du temps, de la lumière, du décor, du vivant. « Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites, inventoriées, photographiées, racontées ou recensées. Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l’on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n’a pas d’importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages. »

Lecture personnelle et à la maison de ces quelques pages afin d'expérimenter une première cette écriture des lieux. Reprise à l'oral, en comparant les modalités d'écriture, en analysant le travail sur répétitions et différences, et en interrogeant le point de vue.

La Vie mode d'emploi, un autre prolongement

La Vie mode d'emploi constitue la "grande œuvre" de Perec, celle qui vient en quelque sorte prendre le relai et tirer vers la fiction la pulsion de Lieux. Il présente la vie des habitants d'un immeuble haussmannien.

Plan de l'immeuble, sous la forme de damier de 10x10

Le roman est structuré autour de nombreuses contraintes dont Perec détaille certains fonctionnement dans "Quatre figures pour La Vie mode d'emploi" (L'Arc n° 76, 1979; publié en recueil dans l'Atlas de littérature potentielle). La plan de l'immeuble constitue un damier de 10x10 cases au sein duquel la circulation va être effectué à partir de l'algorithme du cavalier commandant de ne pas passer deux fois par la même case. C'est ce que Perec explique :

« Il aurait été fastidieux de décrire l'immeuble étage par étage et appartement par appartement. Mais la succession des chapitres ne pouvait pas pour autant être laissée au seul hasard. J'ai donc décidé d'appliquer un principe dérivé d'un vieux problème bien connu des amateurs d'échecs : il s'agit de faire parcourir à un cheval les 64 cases d'un échiquier sans jamais s'arrêter plus d'une fois sur la même case. […] Dans le cas particulier de La Vie mode d'emploi, il fallait trouver une solution pour un échiquier de 10 x 10. J'y suis parvenu par tâtonnements, d'une manière plutôt miraculeuse. La division du livre en six parties provient du même principe : chaque fois que le cheval est passé par les quatre bords du carré, commence une nouvelle partie. »

À cela se combine une autre contrainte, celle du bi-carré latin, que l'on a vu dans Lieux. En effet, Perec se sert de cette règle pour distribuer 21 fois deux séries de 10 éléments qui sont ainsi permutés et qui déterminent les éléments constitutifs de chaque chapitre. Il s'en explique ainsi toujours dans le même texte:

« Au terme de ces laborieuses permutations, j’en arrivai à une sorte de « cahier des charges » dans lequel, pour chaque chapitre, était énumérée une liste de 42 thèmes qui devaient figurer dans le chapitre. Ainsi, dans le chapitre 23, il fallait utiliser une citation de Jules Verne et une de Joyce. La, ou plutôt les citations de Verne concernent la bibliothèque (p. 134) qui est celle du capitaine Nemo, et la liste des outils (id.) qui reproduit celle de la malle miraculeuse de l’Ile mystérieuse. La maison dont rêve Léopold Bloom à la fin d’Ulysse est devenue la maison de poupée de la page 135. »

L'édition de 2022 et son site
Carte des lieux sur le site de l'édition

Activités à mener autour du projet

1e activité: une lecture sur la séquence

Choisir l'un des 5 romans indiqués dans la liste dans la 1e partie du cours. Le lire pour la fin de la séquence (séance bilan).

2e activité: Proposer un itinéraire via le site.

Construire un itinéraire en 4 étapes (au moins) à partir de l'outil fourni par le site et proposer une analyse de l’écriture en s'intéressant aux éléments suivants:

  • description du parcours choisi (règles qui ont présidé à cet itinéraire)
  • ce que Perec raconte
  • comment il le fait
  • et pourquoi selon vous

Nous reprendrons ensemble quelques propositions d'étudiants qui viendront présenter à l'oral leur travail, afin de comparer les résultats obtenus et les techniques narratives et d'écriture observées.

Planche-contact reproduite dans « Lieux » © Christine Lipinska
3e activité : écriture de Lieux

Trois propositions d'activité d'écriture peuvent d'écouler de l'analyse des lieux chez Perec:

1. La reprise de (certains) Lieux

  • Sortie en classe, effectuée en reprenant certains lieux après avoir lu certains extraits qui leurs sont associés.
  • Mimer les gestes de Perec d'observation et d'écriture sur un premier lieu
  • Associer à cela un geste graphique (dessin...)
  • Puis passer à un second lieu pour reproduire cela.
  • Et un troisième si temps disponible
  • Idéalement: Mabillon, Jussieu (réel et souvenir) et Contrescarpe.
  • Itinéraire; depuis Saint-Germain-des-Près, puis métro jusqu'à Jussieu et enfin à pied jusqu'à Contrescarpe.

2. Une perec/rination personnelle

  • Dans son quartier, ou ailleurs, choisir un lieu et en proposer une écriture à la Perec.
  • Flâner autour et proposer 2 à 3 autres morceaux d'écriture qui, assemblés, constituerait un itinéraire à la manière de Lieux.
  • Pour chaque morceau d'écriture, pensez aux différentes techniques employées par Perec, aux diverses modalités de déploiement de la parole, aux effets de bascule possible entre réel et souvenirs.
  • Penser à tester les écritures immédiates, sur place, et celles a posteriori, chez soi.
  • Accompagner les textes de dessins, croquis, schéma, effectué durant la flânerie (ou après, en réfléchissant à la manière de croiser cela avec les types d'écriture, sur le moment ou après coup).

3. Tentative d'épuisement d'un lieu ensaamien

  • Se positionner dans un endroit de l'ensaama (un atelier, une salle, un lieu de circulation) et noter tout ce que vous pouvez observer à la manière de Tentative d'épuisement d'un lieu parisien.
  • Répéter l'opération plusieurs fois, dans la même journée, et sur quelques jours d'affilée.
  • Combiner l'écriture au dessin, pour enrichir et illustrer l'écriture.
  • Répartir l'établissement entre les étudiants afin d'obtenir une sorte de cartographie la plus complète possible de l'école.

III - L'OuLiPo

1. Une brève histoire de l'OuLiPo

Origines

L'OuLiPo, pour Ouvroir de Littérature Potentielle, est un groupe de recherche littéraire mêlant écrivains et scientifiques. Il est fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais: le second, mathématicien vient d'écrire une postface pour le recueil Cent mille milliards de poèmes du premier, poète. Les futurs membres du groupe en pose les jalons lors d'une décade de Cerisy dédiée à Queneau, à l'été 1960, avant de formellement constituer le groupe à l'automne suivant. Suivront deux manifestes qui vont définir le groupe, son but et ses activités.

Fonctionnement

Le groupe se pose comme un envers humoristique du groupe Surréaliste marqué par des exclusions et départs de ses membres. Ainsi, on devient membre par cooptation, à l'unanimité, à condition de ne jamais avoir demandé à en faire partie. Et une fois membre de l'OuLiPo, on ne peut plus quitter le groupe (sauf à se suicider devant huissier). On reste d'ailleurs sinon membre de l'OuLiPo après son décès (et l'on est "excusé pour cause de décès" lors des réunions). Plusieurs de ses membres fondateurs sont par ailleurs également membres du Collège de 'Pataphysique, un parodie de science dérivée des écrits d'Alfred Jarry.

Quelques ambigrammes de l'OuLiPo: seriez-vous capables d'inventer votre propre ambigramme?
Dérivés

L'OuLiPo a rapidement engendré des dérivés, regroupés sous l'appellation commune d'Ou-X-Po, et c'est dans ce cadre que nous allons regarder l'émergence de l'OuBaPo. Le Collège de 'Pataphysique en revendique la gestion, ce dont on trouve trace sur cette page de son site. Petite liste des Ou-X-Po connu, parfois éphémères:

  • OuLiPoPo: Ouvroir de Littérature Policière Potentielle (1973)
  • OuPeinPo: Ouvroir de Peinture Potentielle (1980)
  • OuTraPo: Ouvroir de tragécomédie potentielle (1991)
  • OuBaPo: Ouvroir de Bande dessinée Potentielle (1992)
  • OuPhoPo: Ouvroir de photographie potentielle (1995, site)
  • OuMuPo: Ouvroir de Musique Potentielle (plusieurs versions depuis 1960, dont celle de 2004, en lien avec l'OuBaPo)
  • OuCuiPo: Ouvroir de Cuisine Potentielle (1990, mais refondé en 2019)
  • OuDroPo,,: Ouvroir de Droit Potentiel (2014, site)

2. Quelques membres éminents et leurs œuvres

Parmi les membres influents de l'OuLiPo, citons Marcel Duchamp (1962, plasticien), Jacques Roubaud (1966, poète), Marcel Benabou (1970, historien), Italo Calvino (1974, écrivain), François Caradec (1983), Bernard Cerquiglini (1995, linguiste)ou Etienne Lécroart (2012, auteur de BD). Le membre du groupe le plus influent et important demeure Georges Perec (1967), auteur de La Disparition ou de La Vie mode d'emploi. Et du côté des mathématiciens écrivains, outre François Le Lionnais et Jacques Roubaud, mentionnons également Hervé Le Tellier (1992, Prix Goncourt 2020, Président de l'OuLiPo depuis 2019 et auteur de Esthétique de L'Oulipo en 2006) et Michèle Audin (2009, spécialiste de la Commune, décédée en novembre 2025).

3. Les contraintes oulipiennes

Les auteurs de l'OuLiPo cherchent à créer des contraintes pour engendrer des processus d'écriture. Selon la définition initial de ses membres, des "rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir", les Oulipiens mettent en œuvre des systèmes qu'ils appliquent à la littérature. Il arrive même qu'ils mettent en place des contraintes dont ils retrouvent, plus tard, des expressions chez des auteurs du passé. Par jeu, ces derniers sont alors désignés par l'expression de "plagiaires par anticipation"! Par ailleurs, selon une recommandation de Roubaud, pas toujours suivie, « Un texte suivant une contrainte parle de cette contrainte ». Voici quelques contraintes emblématiques de l'OuLiPo:

  • S+7: création de textes littéraires nouveaux en remplaçant dans un texte source chaque substantif par le septième substantif qui le suit dans un dictionnaire donné. Exemples: La Cigale et la fourmi devient La Cimaise et la fraction chez Queneau (à lire ici).
  • Lipogramme: texte dans lequel l’auteur s’impose de ne jamais employer une lettre, parfois plusieurs. Se trouvent ainsi proscrits les mots qui contiennent cette lettre ou ces lettres. Exemple: La Disparition de Georges Perec entièrement écrit sans la lettre e.
  • Boule de neige: une boule de neige de longueur n est un poème dont le premier vers est fait d’un mot d’une lettre, le second d’un mot de deux lettres, etc…. Le nième vers a n lettres. Une boule de neige fondante commence par un vers de n lettres, après quoi le nombre des lettres diminue d’une unité à chaque vers. Il existe des boules de neige métriques (Victor Hugo : Les Djinns), des boules de neige de mots, … Exemple: J'ai cru voir... de Pérec.
  • Palindrome: le palindrome de lettres est un texte qui peut être lu de gauche à droite comme de droite à gauche, (sans avoir nécessairement le même sens, comme Roma et amor). Kayak, ressasser, Noyon ou Laval sont des palindromes. L’année 2002 était palindromique. Georges Perec a écrit un "grand palindrome" de... 1247 mots!
  • Tautogramme: texte dont tous les mots commencent par la même lettre. Exemple: Chapitre cent-cinquante-cinq de Perec.
  • Chicago : poème constitué de quatre vers qui forment une devinette et dont la solution est une homophonie. Exemple « Pâtes au saumon/ coquillettes au thon/spaghettis anguille/tagliatelle espadon ». Solution : nouille orque (New York). Exemple 2: « Nul boulgour/ néant couscous/ zéro patate/ nada polenta ». Solution : pas riz (Paris).

On trouve plusieurs documents synthétiques, proposés par Queneau puis Benabou, pour tenter de regrouper et classer ces contraintes. La "Table de Queneleiev" de Queneau se présente en deux parties et est élaborée en 1974 (la 3e n'a pas été achevée) tandis que la Table des Opérations Linguistiques Littéraires Élémentaires (TOLLÉ) de Benabou est postérieure à cette première entreprise (1983)

Table de Queneleiev : I - Contraintes linguistiques. Empruntée au site fatrazie.com
Table de Queneleiev : II Contraintes sémantiques. Empruntée au site fatrazie.com
Table des Opérations Linguistiques Littéraires Élémentaires (TOLLÉ). Empruntée au site fatrazie.com
Activité: s'emparer d'une contrainte et produire un texte

IV - L'OuBaPo

Nota Bene: les contenus de cette partie du cours sont partiellement repris d'un autre cours portant spécifiquement sur la narration en bande dessinée et ses théoriciens. Ceux qui auraient envie de creuser cet aspect pourront s'y reporter:

Thierry Groensteen et la naissance de l'OuBaPo

Thierry Groensteen

Éditeur, historien et théoricien de la bande dessinée, Thierry Groensteen a été et est encore un des acteurs majeurs de la théorisation de la bande dessinée depuis les années 1980. Belge, né en 1957, ayant reçu la nationalité française en 1996, il contribue au monde de la bande dessinée à travers la gestion de diverses structures institutionnelles, l'organisation ou la participation à de nombreuses manifestations et publications en lien avec le 9e art.

Ainsi, dans les années 1980, il participe à des publications comme (À suivre), dirige Les Cahiers de la bande dessinée, et organise en 1987 un colloque fondateur pour le 9e art: "Bande dessinée, récit et modernité, à Cerisy-la-salle (plusieurs fondateurs de la future maison d'édition L'Association s'y rencontreront). Il travaille ensuite pour le Centre national de la bande dessinée et de l'image (CNBDI) à Angoulême, où il s'installe, poursuivant différentes missions et devenant enseignant à l'École supérieure de l'image. Il devient directeur du Musée de la bande dessinée de 1993 à 2001, crée la revue Neuvième Art dans ce cadre, puis fonde la maison d'édition L'An 2, plus tard reprise par Actes Sud.

Son travail de théoricien de la bande dessinée le conduit à mener une thèse sur le sujet: Système de la bande dessinée, en 1996, publiée en 1999 aux PUF. Ce texte sera complété par d'autres: Bande dessinée et narration en 2011 (sa suite directe), La Bande dessinée et le temps (2022) qui complètent les deux, ou encore La Bande dessinée mode d'emploi en 2007. Système de la bande dessinée vient de paraître sous une forme dite "définitive" en janvier 2025.

Thierry Groensteen participe au développement du l'OuBaPo dont il est l'un des fondateurs et le premier théoricien.

Système de la bande dessinée, version définitive de 2025
Création de l'OuBaPo

Au cours du colloque de Cerisy, en août 1987, Thierry Groensteen a l'idée de dériver certains principes de l'OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle) vers la bande dessinée. Il met en place des expérimentations de contraintes de composition et de narration au cours d'un atelier intitulé "bande dessinée oulipienne".

À partir de cette initiative, au début des années 1990, un groupe se constitue formellement, autour d'un noyau d'auteurs appartenant à ce nouvel éditeur, L'Association (leur site est à découvrir ici). En novembre 1992, l'OuBaPo est officiellement créé, au sein de l'Ou-X-Po. Dans le sillage de cette création, plusieurs ouvrages voient le jour. Ceux publiés à l'Association sont recensés sur cette page.

On distingue les Oupus (au nombre de six), les oeuvres pré-oubapiennes, celles produites dans le cadre du groupe, celles d'auteurs associés, et celles menées par d'autres auteurs aux pratiques expérimentales voisines.

Dans l'Oupus 1, Thierry Groensteen définit un "premier bouquet de contraintes" à partir desquelles les auteurs essaient de créer des œuvres. Ce système sera par la suite compléter, avec notamment une synthèse importante dans l'Oupus 6 et une structuration à partir de la Table Approximative des Contraintes de Lécroart. Les contraintes sont catégorisées en deux types: contraintes génératrices et contraintes transformatrices. Voici le classement du premier bouquet de contrainte de Groensteen proposé dans l'Oupus 1

Les contraintes de l'OuBaPo

Contraintes génératrices
  • Restriction iconique (ou graphique) : limitation ou élimination d'un élément graphique de l'histoire. Exemple: Carpets' Bazar de François Mutterer et Martine Van, album qui s'interdit de faire apparaître le visage des deux protagonistes.
  • Restriction plastique : limitation à certaines formes graphiques, ou couleurs, etc.
  • Restriction énonciative : au niveau du cadrage (de type mise en scène en fait)
  • Itération : de différents types, l'itération iconique par exemple consiste à raconter une histoire avec une même case (ou un nombre défini) en changeant uniquement les dialogues.
  • Pluri-lecturabilité : lecture d'une planche sous plusieurs sens (gauche, droite, en diagonale…).
  • Palindrome : création d'une histoire de bande dessinée qui se lit dans les deux sens (sens normal première à dernière page, sens dernière à première page). On peut alors obtenir soit la même histoire, soit deux histoires à la sémantique différente, dans une contrainte dérivée de la pluri-lecturabilité. Si l'histoire n'est pas la même dans l'autre sens, il s'agit en toute rigueur d'un anacyclique.
  • Réversibilité / Upside-Down : lecture de la page avec plusieurs orientations. L'upside-down fut inventé en 1903 par Gustave Verbeck avec The Upside-Downs of Little Lady Lovekins and Old Man Muffaroo, inspiré des Topsys & Turvys de Peter Newell. Il s'agit d'une histoire qui se lit dans un sens, puis on tourne la planche à 180° pour lire la suite. Les textes sont écrits dans chaque sens, endroit et envers.
  • Ambigramme : souvent basé sur le principe de l'upside-down, joue sur l'ambiguïté d'un dessin ou d'une situation (qui s'inverse en même temps qu'on inverse le sens de lecture)
  • Pliage : pliage d'une page qui dévoile un nouveau sens, une nouvelle histoire.
Contraintes transformatrices
  • Expansion : enrichissement d'une histoire par un ou plusieurs auteurs qui insèrent des cases dans une histoire existante pour en former une nouvelle.
  • Hybridation : création d'une histoire par croisement de cases empruntées à d'autres bandes dessinées (d'un même auteur ou non).
  • Réduction : à l'opposé de l'expansion, il s'agit de supprimer des cases d'une histoire existante (Gilles Ciment réduit ainsi l'aventure de Tintin Les Cigares du pharaon de Hergé à six cases).
  • Réinterprétation graphique : emprunt du style de dessin d'un auteur ou ses personnages pour sa propre histoire.
  • S+7 ou N+7 : remplacement d'un nom dans un dialogue par le 7e nom le suivant dans le dictionnaire (cette contrainte n'est pas propre à l'OuBaPo, il s'agit d'une contrainte oulipienne proposée par Jean Lescure).
  • Substitution : remplacement d'un dessin par un autre ou intégration des planches d'un autre auteur dans son récit avec un autre texte.
Exemple de pluri-lecturabilité par Etienne Lécroart

Et voici l'ouverture de l'Oupus 6 près de vingt ans plus:

Les autres Oupus proposent davantage d'expérimentations que de théorisations:

  • Oupus 2: mise en pratique des contraintes posées par Groensteen (2003)
  • Oupus 3 - Les Vacances de l'OuBaPo: application dans le cadre d'un partenariat estival avec Libération. (2000)
  • Oupus 4: performance livrée à l'occasion de deux festivals de BD se déroulant aux mêmes dates (Bastia et Luzern, 4,5 et 6 avril 2023)
  • Oupus 5 - Le Journal directeur: réalisation d'un exercice précis par 5 oubapiens (2013, à partir du numéro de Libération du 14 février 2012)
  • Oupus 6: somme des expérimentations de l'OuBaPo jusqu'à date (2016), classée selon la nomenclature de Lécroart.
Des formats très différents

Exercice de création à partir de contraintes oubapiennes

L'Oupus 3

Pour appliquer les principes de création à contraintes empruntées à l'OuBaPo, nous allons partir de l'Oupus 3, Les Vacances de L'Oubapo. Ce volume regroupe une série d'expérimentations à l'échelle de la planche, format horizontal, initialement parues dans Libération au cours de l'été 2000.

Six auteurs, membres de l'OuBaPo, déclinent successivement six contraintes, pour un total de 36 planches. Les six auteurs sont Lewis Trondeim, François Ayroles, J-C Menu, Killofer, Etienne Lécroart et Jochen Gerner. Les contraintes sont les suivantes:

  • Itération
  • Upside down
  • Morlaque
  • Strips croisés
  • Palindrome
  • Pliage
Le numéro inique la page du volume

Vous trouverez dans le dossier ci-dessous les différentes productions classées par contraintes. La consigne de travail est la suivante:

Choisir l'une de ces six contraintes et réaliser une planche sur le format de celles publiées dans l'Oupus 3
Quelques ouvrages oubapiens proposant ce type de contraintes
Noms des membres de l'OuBaPo sous forme d'ambigramme

Lewis Trondheim

Une oeuvre "pré-oubapienne"
Exemple de répétition iconique

Etienne Lécroart

L'OuBaPo "hors les murs"

Marc-Antoine Mathieu
Chris Ware
Scott McCloud

Né en 1960 à Boston, Scott McCloud fait des études d'arts avant de s'engager dans la bande dessiné, à laquelle il a été initié adolescent par son ami Kurt Busiek (qui deviendra lui un scénariste de renom, auteur notamment de Marvels, dessiné par Alex Ross, JLA/Avengers, dessiné par George Perez ou encore Superman - Secret Identity dessiné par Stuart Immonen). Tous deux mènent ensemble divers projets de bande dessinée durant leurs études.

Scott McCloud se distingue par une engagement militant dans le monde éditorial des comics. C'est lui qui se trouve à l'initiative (et à la rédaction) du Creator's Bill of Rights en 1988. Ce texte, qui s'appuie sur plusieurs tentatives d'organisation des auteurs de comics aux Etats-Unis, pose officiellement un cadre pour faire respecter les crédits et droits d'auteurs dans l'industrie du comics.

Il est également à l'origine d'une manifestation liées à la bande dessinée parmi les plus originales: les 24 heures de la bande dessinée. ("24-hour comic en anglais"). En 1990, Scott McCloud et son ami Steve Bissette se lancent un défi mutuel: réaliser en 24 heures une BD de 24 planches. Mc Loud réalise la sienne le 31 août et Steve Bissette le 5 septembre. On retrouve la présentation de l'événement sur le site de McCloud, avec les règles, la première réalisation et une présentation du phénomène.

Car d'autres auteurs de comics reprennent ce défi. Les première années, Scott McCloud conservent des archives de ces productions éparses. Puis le phénomène se rationalise à partir de 2004, sous la forme d'un véritable événement, annuel, à date fixe, auquel plusieurs auteurs participent en même temps, à l'initiative de l'écrivain Nat Gertler, dont la maison d'édition About Comics prit en charge l'archivage des productions, avant de passer le relai au Billy Ireland Cartoon Library & Museum.

Planches extraites de A Day's Work, la première BD réalisée en 24 heures.

L'événement est même importé en France en 2007, sous le nom des 24 heures de la bande dessinée, et se tient lors du festival d'Angoulême à l'initiative de Lewis Trondheim, alors président du jury. Les réalisations se font avec une contrainte: il fallait que les première et dernière cases contiennent une boule de neige. Cette première édition réunit 26 participants et donne lieu à une publication papier: Boule de neige, chez Delcourt.

Les éditions suivantes réunissent plusieurs centaines de participants (plus de 400 à partir de 2009, jusqu'à 600 en 2014), toujours avec diverses contraintes (réunion de famille en 2008, planches muettes et localisation dans un musée en 2009, pirates en 2010, etc.). La manifestation s'ouvre même aux étudiants en écoles d'art ou aux amateurs. Et les contraintes se font techniques, instaurant une coloration OuBaPo à la manifestation. L'événement connaît en France une relative baisse d'intérêt depuis quelques années (il ne s'est pas tenu en 2018, 2019 et 2024, les participants sont moins nombreux, les contraintes plus vagues, allant jusqu'à réduire le nombre de planches demandées.

CRÉÉ PAR
Aurélien Pigeat