LA MATINÉE
Le 9 avril 2026, sur invitation de la DDETS 29, le centre social de Kerangoff à Brest a accueilli la rencontre départementale des adultes-relais du Finistère. Une quarantaine de participants, adultes-relais et structures employeuses, ont échangé autour de la thématique : "Comment renforcer la mobilisation des habitants et le rôle des adultes-relais dans le pouvoir d’agir des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ?
Suite au lancement de l'évènement par Yann Lossouarn, directeur adjoint de la DDETS 29, à la cohésion sociale et à l'emploi, Patrick Norynberg est intervenu tout au long de la journée pour partager son expertise sur la mobilisation habitante. Enseignant, formateur et consultant en politiques publiques, Patrick Norynberg su créer les conditions propices à l'échange à travers différents formats, tels que le débat mouvant.
Première affirmation " la participation, c'est une perte de temps"
Arguments pour :
- "Ça prend du temps et on a l’impression de perdre du temps"
- "Les habitants pensent parfois que les instances de participation citoyenne sont des faire-valoir des politiques. Ils se sentent utilisés par les politiques pour représenter les habitants mais on ne les écoute pas. Dévoiement ? Utilité ?"
- « Le temps de l’attente peut être le temps du découragement "➜ Un projet se déroule dans le temps, il faut expliquer les choses régulièrement
Seconde affirmation " c'est difficile de mobiliser les habitants pour des projets collectifs"
Arguments pour:
- "Beaucoup de choses sont mises en place et les familles sont déjà très mobilisées sur différents projets. Elles sont sur-sollicitées !"
- "Les habitants n’ont pas assez d’infos sur les projets, ils ne sont pas assez écoutés."
Troisième affirmation "il n'y a pas de démocratie sans information partagée"
Arguments pour:
- "Suivant les conditions que l’on met à la participation, si on accueille les gens, il faut leur laisser de la place, savoir s’ils ont un pouvoir de décision, leur faire connaître leur environnement."
- "Si les conditions sont pensées en amont, c’est possible que ça soit moins difficile."
Quatrième affirmation "les habitants ne défendent que des intérêts particuliers"
Arguments pour:
- "Intérêt particulier pour répondre ensuite à l'intérêt collectif"
- "Ça dépend du problème particulier et de la personnalité de chacun. Par exemple : des personnes ont voulu apprendre le français et se sont investies par la suite dans des ateliers cuisine"
Arguments contre:
- "Affirmation trop catégorique"
- "il faut créer des choses qui fédèrent un groupe pour créer un lien mais souvent ça part de problématique individuelle et c'est notre rôle à nous de lier et de créer des ponts, du faire ensemble pour être plus fort. C'est ça tout l'enjeu."
- "Ça dépend du domaine d'intervention, dans la médiation sur la mobilité, ça reste pour un bien personnel"
Il n'y a pas forcément à opposer l'un et l'autre. Dans le collectif, il est également important de faire attention aux préoccupations de chacun . Il faut faire avec les gens tels qu'ils sont. Si on ne se sent pas entendu, ça va être difficile de s'impliquer.
LE CERCLE DE SAMOAN
Le cercle de Samoan s'organise en 2 cercles:
- 1 cercle de paroles dans lequel on s'exprime à tour de rôle de manière claire et concise. On quitte le cercle une fois son propos partagé. On laisse toujours une chaise vide afin de permettre à qui le souhaite d'intégrer ce cercle à tout moment.
- 1 cercle d'écoute dans lequel on est attentif aux prises de paroles et on prépare éventuellement une intervention.
L'objectif de cette technique d'animation est de débattre autour d'un sujet ou d'une question en favorisant l'écoute et facilitant la prise de paroles de toutes et tous. Lors de ce temps, les participant.es ont pu échanger sur :
- les enjeux du poste d'Adulte-Relais dans les quartiers
- les expériences positives de la mobilisation
- les échanges autour des conseils citoyens
Témoignage
"Je travaille dans une école depuis 2023, au fur et à mesure, j'ai été identifiée et ai pu repérer les besoins et mobiliser les parents sur le café des parents. On a défini un projet (ainsi que ses objectifs) sur le multiculturalisme, ensemble avec les familles, puis on l'a présenté au directeur pour validation. Il y avait un problème de financement au niveau des familles. La médiatrice avec le directeur et le chef du périscolaire ont recherché des sources de financement. Les parents venaient dans les classes pour présenter leur culture à travers un tableau, objet, un souvenir, un atelier cuisine..."
Ces échanges ont été ponctués par l'expertise de Patrick Norynberg dont vous pourrez retrouver le support d'intervention ci-dessous...
... ainsi que de vidéos éclairantes !
LE DÉJEUNER
L’APRÈS-MIDI
Après une visite du quartier organisée par Laurent Charbonnier, directeur du centre social de Kerangoff, l'après-midi s'est poursuivi autour d'ateliers sur les leviers et les freins à la mobilisation
LA MOBILISATION DES INVISIBLES
Freins
- Précarité (solitude, exclusion, difficulté de mobilité, peur du jugement, ne pas se sentir à sa place)
- Repérage et accroche
- Moyens humains et financiers (manque de moyens RH pour faire de l'aller vers, aller les chercher jusqu'à chez eux)
Leviers
- Diversifier l'aller vers, aller sur les espaces où les personnes font leurs courses
- Diversifier le maillage partenarial
- Communication diversifiée (affichage, flyer, bouche à oreille, audio podcast...)
- S'assurer que les projets soient adaptés au besoin, respecter le temps long
LA MOBILISATION AVEC LES PARTENAIRES
Freins
- Le temps (manque de temps et de moyens matériels)
- Le manque de connaissance de la réalité du quartier (l'espace, la connaissance globale, la typologie des habitants, les mauvaises représentations)
- Chacun se limite à son champ de compétences, difficultés à travailler en transversalité
Leviers
- Faire de l'information partagée et de l'interconnaissance (café des partenaires, inviter les partenaires aux évènements)
- Travailler ensemble, porter des projets ensemble (avoir des outils partagés)
LA MOBILISATION DANS L'ESPACE PUBLIC
Freins
- La météo
- Capter les publics et leur disponibilité
- La perception des habitants entre eux et la perception des habitants sur les acteurs
Leviers
- Animations conviviales (nourriture, culture, musique, sport)
- Les moyens humains
- Communication et visibilité en diversifiant les moyens de communication
LA MOBILISATION DES FAMILLES
Freins
- Barrière de la langue et différence culturelle
- La disponibilité des familles (la charge mentale et le manque de temps)
- Le manque d'information sur les projets (communication)
- Manque de légitimité
Leviers
- Cours de français (FLE ou PRE)
- Ecouter les besoins familles, les familles doivent être actrices de leur projet
- Associer et impliquer en valorisant les familles Inclure les enfants sur les projets avec les familles
- Privilégier le contact individuel
LA MOBILISATION DANS LA DURÉE
Freins
- Changement, turnover des personnes à mobiliser (public, acteurs)
- Manque de légitimité, reconnaissance de l'engagement
- Manque de disponibilité, problème de mode de garde
Leviers
- Avoir une communication pertinente et adaptée (comment on communique au public)
- Moyens budgétaires (temps long des conventions)
- Bien traiter les salariés de la structure (conditions de vie et de travail)
- Être connu - favoriser les partenariats, moderniser les séances, changer la manière de pratiquer
Crédits :
Créé à partir d’une image de : david debray - "Port de Brest"