1. Problématisation
Activité collective, à l'oral, avec prise de notes sur le tableau
Collectivement, dresser une carte mentale autour des mots du thème. Et proposer à partir de là une série d'enjeux et questionnements permettant de problématiser, d'interroger ces notions dans nos sociétés et nos pratiques artistiques.
Un monde fondé sur la vitesse
- Vivre avec intensité
- Une quête qui suppose dépassement, efforts, prouesses
- Effets de la vitesse: sur les perceptions, effet de griserie
- Vitesse et plaisir
- La beauté de la vitesse
- Des notions associées au progrès
- Un symbole de performance, d'accomplissement, qui suscite admiration ou fascination
- La vitesse qui peut même devenir objet de culte
- Un facteur de modification du rapport au temps et à l'espace
- Une compétence essentielle dans certaines circonstances, personnelles ou professionnelles, notamment celles de l'urgence
- Vitesse associée à notre société du loisir
- Un phénomène d'accélération qui s'amplifie dans de nombreux domaines de nos sociétés (moyens de transport, transmissions des données, productivité)
Les limites de la vitesse dans nos vies ?
- L'urgence contre la réflexion, la suspension du jugement
- Vitesse associée à la prise de risque, à des pratiques parfois extrêmes
- Le rythme de vie qui s'accélère et sentiment qu'il ne faut pas perdre de temps: une forme d'aliénation ?
- Un paradoxe: aller plus vite devrait faire gagner du temps mais on a souvent le sentiment de manquer de temps pour mener sa vie
- Conséquence de cela: pression et angoisse; ou encore frustration
- Recherche du ponctuel et de l'éphémère contre le long cours et le durable
- Une vie rapide comme une vie au présent, qui ne parvient plus à se projeter dans l'avenir, car prise dans un tourbillon dont on ne parvient plus à sortir
- Au travail, nature contre-productive de la vitesse
La lenteur comme échappatoire ?
- La valorisation de la vitesse implique une dévalorisation de la lenteur
- Pourtant de nombreuses activités humaines, dont la création, la recherche, l'art, l'artisanat, nécessitent au contraire patience et temps long
- Des modèles de vie nouveaux, qui prônent des retour à des rythmes de vie plus lents, en rapport avec la nature
- La lenteur comme moyen de résister à diverses formes d'aliénation induites par la vitesse, l'accélération et l'urgence
- La question du bonheur comme sous-jacente à tout ce questionnement
2. Une bibliographie succincte pour nourrir la réflexion
Essais
- Nicole Aubert, Le culte de l'urgence : la société malade du temps
- Roland Barthes, Mythologies, « La nouvelle Citroën »
- Marc Desportes, Paysages en mouvement
- Jean-Philippe Domecq, Ce que nous dit la vitesse
- Tristan Garcia, La vie intense
- Hermann Hesse, L'Art de l'oisiveté
- Paul Lafargue, Le Droit à la paresse (1883)
- David Le Breton, Marcher - Éloge des chemins et de la lenteur
- Jérôme Lèbre, Éloge de l'immobilité
- Lucrèce, De la Nature, II, vers 1-19
- Filippo Marinetti, Manifeste du futurisme
- Hartmut Rosa, Accélération : une critique sociale du temps
- Hartmut Rosa, Aliénation et accélération
- Pierre Sansot, Du bon usage de la lenteur
- Sénèque, De la tranquillité de l’âme
- Paul Virilio, Vitesse et politique
- Paul Virilio, L'Inertie polaire
Littérature
- Samuel Beckett, Oh les beaux jours
- Philippe Besson, Vivre vite
- Blaise Cendrars, La prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France
- Jean Echenoz, Courir
- Georges Feydeau, La Puce à l'oreille
- Gustave Flaubert, Madame Bovary
- Victor Hugo, Voyage en Belgique
- Jean Giono, L'homme qui plantait des arbres
- Ivan Gontcharov, Oblomov
- Julien Gracq, « La Presqu'île », dans le recueil de nouvelles éponyme
- Maylis de Kérangal, Corniche Kennedy (2008)
- Jack Kerouac, Sur la route
- Milan Kundera, La Lenteur
- Albert Londres, Les Forçats de la route
- Yukio Mishima, Le Soleil et l'acier
- Paul Morand, L'Homme pressé
- Haruki Murakami, Autoportrait de l'auteur en coureur de fond (2007)
- Ovide, Métamorphoses (Pégase, Phaéton, Atalante)
- Georges Perec, Un homme qui dort
- Jules Verne, Le Tour du monde en 80 jours
- Émile Zola, La Bête humaine
Activité au long cours: lecture d'ouvrages
IMPOSÉS - Lire quelques ouvrages précis de la bibliographie, selon la mention ou le parcours concernés. La restitution se fera par écrit avec des questions engageant la compréhension des œuvres et leur manière d'aborder le thème de la vitesse, de l'accélération et de l'urgence.
- Deux pièces de théâtre : La Puce à l'oreille de Georges Feydeau et Oh les beaux jours de Samuel Beckett.
- Georges Perec: Un homme qui dort
- Paul Morand: L'Homme pressé
- Joris-Karl Huysmanns: À rebours
- Hermann Hesse: L'Art de l'oisiveté
AU CHOIX - Choisir l'un des ouvrages de la bibliographie et le lire pour la séance de bilan de la séquence sur le thème. Le livre sera à rapporter sous un format physique afin de pouvoir être mobilisé lors de cette production écrite.
L'idée est d'entamer une lecture en lien avec les enjeux et problématiques du thème et d'être en mesure d'élaborer un propos explicitant en quoi l'ouvrage met en œuvre ces enjeux, et pourrait fournir des pistes de réflexion pour votre propre pratique créatrice.
3. Quelques sujets d'exposés
Ci-dessous une liste d'exposés possibles à réaliser en binômes. La liste n'est pas fermée et une bonne idée pourra venir prendre place dans le planning de présentation.
Sujets
- La vitesse dans les transports
- L'urgence dans le monde professionnel : nécessités, bénéfices et limites
- La course automobile: histoire et enjeux
- Vitesse et peinture: représentation et conceptualisation
- Vitesse et lenteur en musique
- Vitesse et lenteur au théâtre
- Vitesse et lenteur dans les jeux-vidéo
- Vitesse et bande dessinée: représentation et modes de production
- Vitesse et ralentis au cinéma
- Accélération et progrès techniques
- L'urgence climatique
- Vitesse et obsolescence programmée
- Culture du fast-food: historique, formes adoptées et enjeux
- Le mouvement slow
- Procrastination et oblomovisme
- Le taylorisme et les cadences de travail
- Vitesse et lenteur dans le domaine de la rencontre amoureuse (et à l'heure du speed dating)
- Les NTIC: accélération et enjeux
- Vitesse et superhéros
- La lenteur dans le luxe et l'artisanat
- Le lenteur, un repoussoir (ennui, immobilisme et dépression)
- Marche, randonnée, pérégrination
Consignes
Ces exposés auront pour but de développer diverses compétences du référentiel :
- C2.1: Mobiliser une culture générale et artistique ainsi que qu’une connaissance des concepts issus de disciplines connexes
- C2.3: Identifier, sélectionner, organiser diverses ressources spécialisées, pertinentes et vérifiées pour documenter un sujet
- C2.4: Analyser et synthétiser des données en vue de leur exploitation
- C6.1: Maîtriser et utiliser les différents registres d’expression écrite et orale de la langue française
- C11.2: Développer une argumentation en faisant preuve d’esprit critique
L'exposé peut prendre la forme que vous souhaitez, être restitué sous le format de votre choix. Il faut toutefois quelques jalons dans la restitution:
- une présentation du phénomène, une identification précise de ce qu'il recouvre et de ses enjeux, et une structure de l'exposé clairement annoncée et suivie
- le témoignage d'une recherche documentaire autour du sujet que l'on trouvera dans les informations fournies, les références mobilisées, les exemples développés (cela peut aussi prendre la forme d'une bibliographie / de sources).
- une problématisation qui peut se traduire aussi bien par la structure du propos que par un temps de réflexion autonome autour du sujet.
- une ouverture finale qui ramène le sujet à vos propres préoccupations de création, ou plus généralement au domaine de l'art.
- une présentation orale préparée, avec le support choisi abouti le jour de la présentation.
- un support final susceptible d'être compilé au format numérique et partageable avec l'ensemble de la classe.
4. La fiche individuelle
Pour chaque thème étudié, les étudiants doivent réaliser une fiche sur une œuvre narrative de leur choix. Il peut s'agir d'un roman, d'un film, d'une série télé, d'une bande dessinée (franco-belge, manga, comics...), d'un anime, voire d'un jeu vidéo.
C'est à l'étudiant de proposer une œuvre en lien avec le thème est les éléments de problématisation posés en classe. Le but étant de trouver une œuvre susceptible de nourrir la réflexion et le questionnement autour du thème, et peut-être de mobiliser des ressources conceptuels étudiées en parallèle. Le choix doit toutefois être soumis à l'enseignant qui le valide.
Chaque étudiant doit effectuer sa fiche sur une œuvre différente. À l'issue du travail, on mutualisera les réalisation à l'échelle de la classe. Ainsi, chacun pourra découvrir non seulement le travail de ses pairs, mais aussi les références qui ont pu être proposées.
Un des critères de la notation résidera donc dans le caractère exploitable de la fiche par les camarades de classe, y compris ceux qui ne connaîtraient pas l’œuvre en question. Ce sont eux, et non l'enseignant, les véritables destinataires de ces fiches.
Les fiches seront réalisées sous le format des pages web Express Adobe afin de faciliter leur diffusion à l'échelle de la classe. Le lien de la fiche sera à poster sur l'espace collectif du travail de l'année.