Lougein Metwally fait partie de la cohorte 2025-2026 de jeunes stagiaires internationaux de la Fondation. Elle a été placée à Dar es-Salaam, où elle travaille pour les programmes et les partenariats de résilience climatique à la Fondation Aga Khan Tanzanie.
Ayant déjà travaillé à Zanzibar avant d’obtenir mon stage à Dar es-Salaam, j’étais ravie de retourner à ce nouveau familier.
J’avais déjà un sentiment de connexion avec la Tanzanie. Lors de ma première expérience ici, j’avais remarqué de nombreux parallèles entre la culture locale et mes propres racines égyptiennes : chaleur, hospitalité, curiosité accueillante pour les étrangers. Je suis arrivée en Tanzanie déterminée à améliorer mon swahili et à maintenir mon ouverture à la culture tout au long de mon séjour. Je me suis connectée rapidement et je me suis installée facilement dans la vie quotidienne, avec ses routes bondées, ses dukanis [magasins] et ses tuk-tuks [pousse-pousse motorisés] qui se faufilent dans la ville.
Je me suis facilement adaptée à la vie à Dar es-Salaam, et j’étais ravie de travailler à concevoir et promouvoir des programmes adaptés au contexte local. Mon stage a dépassé mes attentes. J’ai eu la chance de travailler sur des propositions de projets innovants et inspirants sur sept axes thématiques, dont l’éducation, la résilience climatique et les moyens de subsistance.
En même temps, j’ai constaté qu’il y avait un écart énorme entre moi et les enjeux sur lesquels je travaillais au quotidien. Nos visites de mise en œuvre révélaient clairement la différence entre les systèmes tanzaniens et ceux dans lesquels j’ai grandi. Mes collègues tanzaniens n’avaient aucune difficulté à comprendre les systèmes d’éducation et de santé à Dar es-Salaam ou à communiquer avec les participants aux projets. Mais pour moi, la communication s’est heurtée à de nombreux obstacles, dont la langue, ce qui m’a souvent poussée à lire sur mes participants plutôt que de leur parler.
Dans le cadre d’un projet axé sur la prévention et les soins du cancer du col de l’utérus, mes collègues et moi avons visité Dodoma pour faciliter et documenter le déploiement de la vaccination contre le VPH pour les filles de 9 ans. Dès que nous sommes entrés dans la première école, des groupes d’élèves sont sortis de leurs salles de classe ou sont apparus aux fenêtres pour nous parler. Les communautés que nous visitions étaient assez éloignées, de sorte que les visiteurs de Dar es-Salaam étaient rares. Mais de voir une étrangère était encore plus rare. Bien que j’appréciais toujours l’accueil chaleureux, je sentais que je changeais radicalement la dynamique de la mise en œuvre du projet, et mes compétences linguistiques en swahili ne me semblaient pas assez avancées pour m’engager de manière significative avec les participants au projet. Photo : Déploiement de la vaccination contre le VPH dans une école primaire à Bahi, Dodoma.
C’est la réalité à laquelle nous sommes confrontés lorsque nous travaillons à l’étranger, ce qui nous oblige à naviguer dans le travail de développement international avec une conscience de soi accrue. J’avais réfléchi au préalable à certaines de ces dynamiques, mais l’expérience de terrain m’a aidée à réellement comprendre cette idée de localisation dans le secteur du développement. À part un collègue et moi-même, le personnel du bureau de la Fondation Aga Khan Tanzanie était entièrement tanzanien, ce qui façonnait le déroulement du travail et élargissait notre impact.
Photo : Plantation de microforêts dans une école secondaire à Magomeni, Dar es-Salaam.
C’est la réalité à laquelle nous sommes confrontés lorsque nous travaillons à l’étranger, ce qui nous oblige à naviguer dans le travail de développement international avec une conscience de soi accrue. J’avais réfléchi au préalable à certaines de ces dynamiques, mais l’expérience de terrain m’a aidée à réellement comprendre cette idée de localisation dans le secteur du développement. À part un collègue et moi-même, le personnel du bureau de la Fondation Aga Khan Tanzanie était entièrement tanzanien, ce qui façonnait le déroulement du travail et élargissait notre impact.
Des expériences comme celles-ci m’ont poussée à réfléchir plus attentivement à ma place et à celle de chacun·e d’entre nous dans le travail de développement. La positivité, l’expérience et la personnalité façonnent les rôles que nous sommes les mieux placés pour jouer. J’ai constaté que mes contributions les plus significatives étaient celles qui puisaient dans la riche expertise de mes collègues. Les récits sur l’impact souhaité de notre travail étaient plus convaincants lorsqu’ils intégraient cette expertise locale. À d’autres moments, lorsque je proposais de nouvelles idées, mes collègues devenaient des points de contrôle essentiels pour contextualiser ces idées dans les réalités locales.
En tant que Canadienne en Tanzanie, j’ai aussi eu l’impression de jouer un rôle de passerelle entre notre bureau en Tanzanie et nos partenaires internationaux. Ainsi, je suis souvent en mesure d’anticiper la façon dont certaines idées, priorités ou façons de travailler seront reçues localement, et d’ajuster la façon dont elles sont encadrées ou communiquées. Cela a signifié non seulement expliquer le contexte tanzanien à mes collègues au Canada, mais aussi clarifier les attentes du bureau canadien à mes collègues locaux. À bien des égards, c’est dans cet espace « intermédiaire » que mon rôle a été le plus déterminant.
Je me sens privilégiée d’avoir la chance de visiter la Tanzanie et de voir nos programmes sur le terrain. Mais ce n’est pas seulement la proximité qui donne un sens au développement. Ce travail exige une réflexion plus profonde sur qui nous sommes, sur la façon dont nous sommes perçus et sur les secteurs dans lesquels nos contributions sont les plus utiles. Nous ne sommes pas tous bien placés pour faire toutes les parties du travail. Reconnaître cette réalité renforce notre impact.
Les options de stage sont nombreuses, et le choix de chaque personne est une décision qui se situe à l’intersection entre l’attitude de la personne, les objectifs du stage et l’adéquation entre les deux. Plus récemment, j’ai réfléchi à la façon dont mon identité égyptienne pourrait me permettre de travailler dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et de tisser des liens plus étroits avec les contextes locaux, tout en opérant avec une compréhension des partenaires et des systèmes internationaux. En fin de compte, ce stage a été un excellent point de départ pour m’aider à naviguer dans ces espaces, ainsi qu’un catalyseur extraordinaire pour la découverte de soi et le développement de carrière.
Lougein (au centre) participe au programme de stages pour les jeunes en développement internationale, l'une des nombreuses initiatives proposées par la Fondation pour permettre aux Canadiens de mettre en pratique et d'exprimer leur citoyenneté mondiale. Sur la photo, de droite à gauche : Yara, Lougein et Jamal lors du séminaire de formation préalable au départ à Ottawa.